Que dire de cette traversée des Alpes si ce n'est qu'elle a commencé tristement avec un étape neutralisée, entre Bourg en Bresse et le Grand Bornand, par les favoris. Le
difficile col de la Colombière n'a pas donné envie au Valverde, Moreau, Evans... de tester les capacités de Vinokourov. Et au soir de cette 7ème étape, le mystère plane toujours sur le réel état
de forme du kazakh. Certains diront qu'au vue des images venant des motos, il semblait facile. En revanche, les images provenant des hélicoptères, et donc que Vino ne peut "bluffer", l'ont montré
plus à la peine. Saluons enfin la belle victoire du jeune allemand Linus Gerdemann qui s'empare de la tunique jaune.
Un sourire pur sur ce Tour : Linus Gerdemann
La montée vers Tignes me laissera une impression nuancée. D'un côté, la joie de retrouver une vraie bagarre entre plusieurs leaders de niveau équivalent, de l'autre la
déception que cette passe d'armes ait été neutralisée par certains. Moreau, le premier a faire tout péter dès les premiers hectomètres de l'ascension finale, n'a malheureusement pas pu trouver de
vrais soutiens de ses compagnons, soutiens nécessaires avec le vent de face. Seuls Popovych et Evans le relayèrent par moments. Le français s'est donc essouflé à tenter de partir seul. De
cette étape, on notera également le retour en grâce du virevoltant Mayo, le punch du jeune Contador malheureusement victime d'une crevaison près de l'arrivée, la légère défaillance de Valverde
sur la fin de la montée. En ce qui concerne Astana, Kashechkin s'est contenté de suivre les meilleurs pendant que Klöden (assez impressionnant) permettait à Vinokourov de limiter les dégâts
(1'17" sur Valverde). Enfin la victoire et le maillot jaune de Rasmussen, encore une fois, étonnant tout au long d'une l'étape où il n'a demandé aucun relai.

La grande bagarre a presque eu lieu
On s'était quitté l'avant-veille sur la déception de voir que les favoris du Tour n'avait pu s'entendre pour écarter définitivement Vinokourov et Klöden de la course au
maillot jaune et l'étape du jour avec le dernier sommet, en l'occurence le Galibier, se situant 37km avant l'arrivée ne semblait guère propice à de grands opérations. Et pourtant, on ne fut pas
déçu par cette 9ème étape. La grande bagarre commençait sous l'impulsion de Valverde qui voulait tester un inquiétant Moreau bloqué en fond de peloton. Puis, ce fut Contador qui d'une formidable
accélération fit exploser Valverde et s'échappe (belle tactique de la Discovery puisque Contador bénéficiera du soutien de son coéquipier Popovych pour la descente), seul Evans pu suivre, à
distance respectable l'espagnol. Malheureusement tous ces efforts furent vains. En ce qui concerne Moreau, qui a semble-t-il connu un jour sans après la journée de repos, il a très
géré sa montée du Galibier revenant même dans les derniers kilomètres dans un groupe des favoris qu'il n'avait pu suivre pus en aval. Quant à Vinokourov, très mauvaise journée puisqu'il à perdu
plus de 2'30" sur ses concurrents les plus dangereux. A noter qu'on trouvait avec lui Kashechkin (Klöden était devant cette fois-ci, cela semble plus logique), Pereiro, Schelck,
Karpets.

Contador, impressionnant dans le Galibier
Voici donc le classement général après cette traversée des Alpes :
1. Rasmussen
2. Valverde à 2'35"
3. Mayo à 2'39"
4. Evans à 2'41"
5. Contador à 3'08"
6. Moreau à 3'18"
7. Sastre à 3'39"
8. Klöden à 3'50"
9. Leipheimer à 3'53"
Si on peut penser que Rasmussen devrait, en toute logique, perdre beaucoup de temps, Evans et Klöden sont les mieux placés pour en vu du chrono de samedi.

Soler, la révélation des Alpes