Lutte contre le dopage

Samedi 27 septembre 2008

Information



Le Luxembourgeois Frank Schleck (CSC), 6e et grand animateur du Tour de France 2008, va rencontrer les autorités antidopages du Luxembourg. Le nom du coureur serait apparu dans les méandres de l'affaire Puerto, ce scandale de réseau de dopage sanguin. Schleck doit s'aligner dimanche lors de la course en ligne des Championnats du monde à Varèse, tout comme son frère Andy.


Schleck dit n'avoir absolument rien à se reprocher. «Je peux confirmer en toute conscience que je ne me suis pas dopé, que je n'ai jamais eu l'intention de le faire et que je n'ai jamais rien fait de mal au long de ma carrière. Je confirme aussi que j'ai bien rendez-vous avec le comité antidopage luxembourgeois et que je prendrai tout le temps nécessaire afin de leur expliquer la situation.» Le directeur sportif de la formation CSC, Bjarne Riis, a tenu à soutenir son coureur. «L'équipe a parlé à Frank Schleck et il a confirmé qu'il n'avait violé aucun point du règlement antidopage. Nous respectons et comprenons son désir de s'expliquer et nous suivrons cette affaire avec attention. Nous voulons aussi profiter de cette occasion pour affirmer que l'équipe n'a jamais été impliquée et n'a jamais soutenu l'utilisation de produits dopants. Nous mettons en place un programme strict en matière de lutte contre le dopage, un système indépendant qui prouve notre intégrité en la matière

Frank Schleck suite :

La police italienne a effectué vendredi soir une descente dans l'hôtel de l'équipe luxembourgeoise, en marge des Championnats du monde sur route qui se déroulent actuellement à Varèse. Dans le viseur des forces de l'ordre se trouve le coureur de la CSC Frank Schleck, dont le nom est lié depuis vendredi à l'affaire Puerto, vaste réseau de dopage sanguin mis à jour en 2006. «Nous avons ouvert une enquête et envisagé toutes les éventualités», a indiqué le procureur de Varèse Maurizio Grigo. Une employée de l'hôtel, qui a tenu à conserver l'anonymat, a indiqué que cette fouille avait duré plus de 8 heures. Vendredi, Schleck a nié s'être dopé et a déclaré avoir la conscience tranquille.

Par The Pouk
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Jeudi 11 septembre 2008
Voici l'interview réalisée par le site sport24.com du chercheur et spécialiste scientifque du dopage Gérard Dine, qui donne son avis sur le retour de Lance Armstrong et qui se montre très sceptique sur système mise en place actuellement pour lutter contre le dopage.


Sport24.com : Gérard, que vous inspire le retour d'Armstrong ?
Gérard Dine : (Sourire) Cela m’inspire une certaine interrogation. Je pense qu’il y a probablement une volonté personnelle parce que vu l’investissement que cela demande, cela veut dire que l’individu est totalement motivé et concerné. Derrière, il y a aussi des enjeux culturels que les Français et Européens peuvent avoir du mal à comprendre dans le sens où Armstrong est une icône absolue aux Etats-Unis en tant que survivant du cancer. Il est très impliqué dans un certain nombre d’opérations caritatives. Il a indiqué que s’il revenait, cela se ferait dans le cadre d’un forum mondial pour la lutte contre le cancer. Il y a un aspect très médiatique, évidemment financier et aussi politique, puisqu’il a fait référence d’emblée au président de la République Nicolas Sarkozy. Ce retour s’inscrit dans une démarche globale qui est avant tout une opération de communication.

Sport24.com : Il a également annoncé qu’il revenait pour gagner le Tour de France 2009…
Gérard Dine : Oui, c’est bien sûr un challenge sportif. Il réussira ou pas, mais c’est tout à fait dans son caractère. Depuis trois ans, on voit bien que le cyclisme, et le Tour de France en particulier, ont du mal parce que les trois derniers vainqueurs n’ont pas fait oublier Armstrong et qu’ils sont tous suspectés de dopage. Du point de vue de la relation au dopage, rien n’a changé depuis qu’il a arrêté. Ce qui lui permet probablement d’annoncer la couleur.

Sport24.com : Des efforts ont tout de même été faits dans la lutte antidopage avec le passeport biologique par exemple…
Gérard Dine : Il y a eu des progrès sur le dernier Tour de France par rapport à ce qu’a fait l’AFLD (Agence Française de Lutte contre le Dopage) mais cela fait dix ans qu’on préconise cela. Malgré tout, le problème de ce Tour de France, ce n’est pas ceux qu’on a trouvés mais ceux qu’on n’a pas trouvés. Je rappelle que Leonardo Piepoli, qui a eu le même traitement que Riccardo Ricco, a été contrôlé négatif. Il reste encore à mettre en place une traçabilité biologique d’une année sur l’autre. C’est-à-dire que pour l’année 2009, il faudrait commencer dans quinze jours. Armstrong sait très bien tout ça et en annonçant les choses, il va prendre tout le monde de vitesse.

Sport24.com : On connaît les suspicions qui ont accompagné les victoires de Lance Armstrong sur le Tour de France. Ce retour donne-t-il un coup à l’image du cyclisme ?
Gérard Dine : C’est un pied de nez. Les organisateurs du Tour de France sont coincés. S’ils avaient accepté le passeport biologique en 1998 après le scandale Festina, comme c’était prévu, Armstrong n’aurait pas gagné le premier Tour puis enchaîné. Depuis trois ans, on a des Tours de France qui balbutient avec des vainqueurs suspectés et même un convaincu de dopage (NDLR : Floyd Landis). A cause de ces atermoiements, le mouvement sportif n’est pas en position de force. Armstrong sait qu’il y a une division absolue entre les organisateurs du Tour de France et l’UCI (Union Cycliste Internationale) pour des raisons économiques. En plus, il y a un conflit entre l’UCI et l’AMA (Agence Mondiale Antidopage). Il sait qu’il est dans un environnement où rien n’est réglé. Et il passe en force.

Sport24. com : Christian Prudhomme a dit qu’il était prêt à accueillir Lance Armstrong sur le Tour de France s’il se soumettait au programme antidopage actuel. Qu’en pensez-vous ?
Gérard Dine : Ce programme est une demi-mesure. Avant même d’avoir organisé les choses, les organisateurs du Tour se mettent en position d’infériorité. Si les organisateurs décident de mettre en place un passeport biologique totalement indépendant, là ils peuvent prendre Armstrong au pied de la lettre. Or, ils ne l’ont jamais fait depuis 10 ans. Armstrong connaît parfaitement l’organisation de son sport. Il sait que ce monde est divisé pour des questions économiques, pas pour des questions de dopage. C’est donc une approche économique qu’il fait avec un challenge extraordinaire.

Sport24.com : Du point de vue scientifique, est-il concevable qu’un athlète de 37 ans puisse remporter une épreuve telle que le Tour de France après trois ans d’arrêt ?
Gérard Dine : C’est un challenge sportif qui repose sur un challenge physiologique et biologique. J’imagine, en dehors d’un gros coup de bluff qu’on ne peut pas exclure, que s’il annonce la couleur, cela veut dire que depuis trois ans, il n’a pas arrêté sur le plan de la science physiologique. Cela veut dire qu’il sait à peu près où il doit en être, avec les gens qui s’occupent de lui. Si j’ai bien compris, il a fait 2e d’une course de VTT en haute montagne sans préparation autre qu’un entretien. Si n’est pas mis en place le programme de contrôle que nous prônons pour lui depuis 1999, c’est-à-dire une vision complète des modifications de l’individu durant toute sa préparation avec des paramètres totaux, et certainement pas les contrôles actuels, ça veut dire qu’il a une chance. Du point de vue de sa physiologie qui est exceptionnelle, de son mental, de la technologie, c’est jouable. Même s’il y a entre guillemets un aspect dopage derrière, c’est un extraordinaire pari. Mais c’est un grand coup de pied dans la boutique de porcelaine. Si ça réussit, ça va remettre beaucoup de choses en question dans le sport de haut niveau.
Par The Pouk
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Lundi 25 août 2008
Alpes : Carlos Sastre au niveau des Saunier Duval

Carlos Sastre, vainqueur du Tour de France 2008, a réalisé une montée étonnante sur l'Alpe d'Huez, avec un début d'ascension très rapide à 500 watts. Une des meilleures ascensions de sa carrière, dignes de celles de Ricco et de Piepoli dans les Pyrénées. Analyse des performances alpestres.

 

Collaboration de Frédéric Portoleau

Analyse extraite de l'excellent site cyclismag

 
Trois étapes dans les Alpes au programme des coureurs pour cette édition 2008 du Tour de France. Deux arrivées inédites à Prato Nevoso et à Jausiers avec des passages au col Agnel, de la Lombarde et de la Bonette. Un grand classique pour conclure avec l'enchainement Galibier, Croix de Fer et Alpe d'Huez.

-Le vent souvent violent en altitude au dessus de 2000m ne nous a pas permis d'évaluer la puissance sur toutes les ascensions.

15ème étape EMBRUN-PRATO NEVOSO

Tout de suite résumé de l'étape (cliquer sur l'image)

4 coureurs prennent les devants en début d'étape dans la vallée avant le début de l'ascension du col Agnel : Martinez, Gerrans, Arrieta et Pate. Ils franchissent le sommet du col avec plus de 12 minutes d'avance sur le peloton. Nous n'avons pas estimé la puissance dans le col Agnel en raison d'un vent violent.

Les échappés vont conserver suffisamment d'avance sur les favoris du Tour pour se disputer la victoire d'étape. Gerrans l'emporte devant Martinez en développant une puissance moyenne de 376 watts sur la dernière ascension vers Prato Nevoso.

A 25 km de l'arrivée, l'équipe CSC accélère l'allure en tête du peloton avec Cancellara puis Andy Schleck. A Miroglio, à 8,5 km du sommet, la sélection est faite et seuls 10 coureurs peuvent suivre Andy Schleck. Après plusieurs tentatives d'échappée, la plus sérieuse étant l'œuvre de Menchov qui chute en pleine montée dans un lacet, Kohl, Sastre, Valverde et Menchov parviennent à prendre le large dans les deux derniers kilomètres. Kohl et Sastre devancent de quelques secondes Valverde au sommet de Prato Nevoso. A l'arrière, Fränk Schleck parvient à prendre quelques secondes à Cadel Evans. Il lui ravit le maillot jaune.

Kohl et Sastre ont développé une puissance moyenne de 423 watts sur une durée de 24 minutes. Kohl maintient la même puissance étalon qu'à Hautacam sur une pente moyenne équivalente mais sur une durée un peu plus courte. Mais le rythme a été très soutenu dans les premiers faux-plats de l'ascension dans les roues de Cancellara puis de Voigt. L'étape a été courue avec de mauvaises conditions atmosphériques. Le franchissement du col Agnel en début d'étape à plus de 2700m dans le vent et le froid a dû entamer les réserves des coureurs. Cependant, le peloton s'est accordé une baisse de rythme au cours de la longue approche descendante vers Prato Nevoso. L'Autrichien a donc conservé à peu près le même potentiel physique que dans les Pyrénées. Sastre pour sa part a réalisé une meilleure montée qu'à Hautacam. Mais lors de cette dernière ascension, le jeu d'équipe l'avait finalement contraint à ne pas donner le maximum et à rester auprès d'Evans. Les Saunier Duval retirés de la course, Sastre et Kohl s'affirment comme les meilleurs grimpeurs en ce début de traversée des Alpes. Evans a été au même niveau qu'à Hautacam. Il confirme sa grande régularité mais aussi ses limites en montagne.

Pour des durées d'ascension de 20 à 30 minutes, nous avons régulièrement mesuré depuis 1994 des puissances supérieures à 450 watts. Kohl et Sastre sont par exemple restés à un niveau 40 watts inférieur aux montées d'Ax Bonascre ou de La Mongie entre 2001 et 2004.

Danny Pate, qui faisait parti de l'échappée, roulait avec un capteur de puissance. Ses données sont disponibles sur : www.saris.com . Il a gravi la dernière ascension depuis Mondovi (20 km) à 355 watts de moyenne à 5,05 watts.kg-1. Sa dépense en énergie mécanique pour toute l'étape a été de 5100kJ. Il pèse 70,3 kg et correspond à peu près à notre étalon de 78kg avec vélo. Nous avons estimé pour le coureur Américain une puissance de 374 watts sur les 11 derniers kilomètres. La valeur calculée est un peu supérieure pour deux raisons. Les coureurs échappés ont fourni un effort plus important sur la fin du col et notre référence est un capteur de puissance placé sur le pédalier http://www.srm.de tandis que Pate roulait avec le système PowerTap http://www.powertap.fr/ installé dans le moyeu de sa roue arrière.



16ème étape CUNEO-JAUSIERS

L'étape en trois minutes et en espagnol. (cliquer sur l'image)

Allure rapide en début d'étape. Un groupe de 5 coureurs avec Schumacher, Voeckler et Le Mével, Dumoulin et Rosseler aborde en tête le col de la Lombarde après 50 km de course. Ils possèdent 40 secondes d'avance sur un autre groupe de 24 coureurs avec la présence de Popovych et de Dessel. Le peloton passe au pied du col avec un retard de 4min25s.

A l'avant, l'Allemand Schumacher part seul sur des pentes à 10% qui ne l'avantagent pas. Il réalise le meilleur temps de la montée en 59min10s à 380 watts de moyenne. Derrière, le peloton, emmené par O'Grady de l'équipe CSC, choisi de monter au train à une puissance moyenne de 345 watts. Schumacher creuse donc l'écart et reprend cinq minutes au peloton sur la totalité de la montée. Un autre groupe avec Cunego, Casar et Moncoutié part en contre attaque et ne concède que 40 secondes à Schumacher.

Compte tenu de son gabarit, Schumacher réalise une très bonne performance pour un col en début d'étape à 7% de pente moyenne. Au sommet, Schumacher passe avec une avance de 2min10s sur Le Mével, 4min25s sur le groupe Popovych, 5min05s sur le groupe Cunego et 9min25s sur le peloton.

Schumacher est toujours seul en tête à Saint Etienne de Tinée au pied du col de la Bonette. Il possède 3min45s sur Le Mével, 4min10s sur un groupe de 30 coureurs et 11min45s sur le peloton. Le vent est favorable dans la première partie de l'ascension. Schumacher résiste encore sur ces premières pentes à 5-6%. Il a encore 3 minutes d'avance sur le groupe de contre attaque à 15 km du sommet.

Un peu avant Bousiéyas, la pente devient plus sévère. Schumacher faiblit. Dans les lacets menant au camp des Fourches à 2270m, il va perdre 3 minutes en 8 km sur le groupe de contre attaque emmené par Dessel et Valjavec. L'Allemand paye sa forte dépense énergétique dans l'ascension du premier col de la journée: 1h à 380 watts.

Le groupe de contre attaque perd des unités. Il ne reste plus que Popovych, Voigt, Portal, Siutsou, Augustyn, Dessel, Valjavec et Casar. A l'arrière, le peloton accélère et 8 coureurs s'isolent: Evans, Sastre, F.Schleck, A.Schleck, Valverde, Kirchen, Kohl, et Menchov. Vande Velde est la principale victime du jour. Sur la portion du col entre Le Pra et le camp des Fourches, le peloton développe une puissance moyenne de 400 watts tandis que le groupe Dessel se maintient à 357 watts.

Le vent de face devient violent au dessus de 2300m et décourage alors les attaquants potentiels. Nous ne calculerons donc pas la puissance sur la fin du col. Schumacher est rejoint puis Augustyn passe en tête au sommet devant Dessel, Casar et Popovych. Kohl passe devant les autres favoris du tour à 1min45s d'Augustyn. Il réalise le meilleur temps de l'ascension de la Bonette en 1h08min13s.

Dessel remporte l'étape à Jausiers devant Casar. En raison du vent de face, les favoris du Tour se sont observés sur la montée de la Bonette. Une étape quelque peu escamotée par les meilleurs coureurs du Tour de France. La performance du jour est à mettre à l'actif de Schumacher sur le col de la Lombarde. Mais cela s'est avéré comme une erreur tactique de partir seul devant si loin de l'arrivée. Dessel a mieux géré son étape.



17ème étape EMBRUN-L'ALPE D'HUEZ

Repartons de l'autre côté des Pyrénées pour un nouveau résumé. (cliquer sur l'image)

Une échappée à 4 se dessine rapidement avec Di Grégorio, Schumacher, Velits et Perez. Ils passent en tête au sommet du premier col de la journée le Galibier avec une avance relativement réduite de 4min45s sur le peloton. Ce dernier l'a gravi à une allure inférieure à 20 km/h depuis le Lautaret. Le rythme s'est accéléré dans le dernier kilomètre avec un Kohl très actif pour empocher les points du grand prix de la montagne. Comme pour la cime de la Bonette et le col Agnel, nous ne calculerons pas la puissance en raison du vent fort qui soufflait à proximité du sommet.

Di Grégorio est lâché par ses compagnons d'échappée dans la descente du Télégraphe puis sera dépassé par le peloton dans la montée du col de la Croix de Fer.

A l'avant, Velits lâche Perez puis Schumacher à Saint Sorlin à 7 km du sommet du col de la Croix de Fer. Il se retrouve seul en tête.

Derrière, l'équipe CSC prend la course en main au pied du col de la Croix de Fer. Cancellara imprime une allure rapide à 390 watts dans les premiers kilomètres jusqu'au carrefour avec la route de La Toussuire. Puis, toujours en tête du peloton, il produit un effort de 410 watts pendant 15 minutes au plus fort de la pente à 9%. Après une courte descente pas de relâchement: le Suisse roule à 31 km/h de moyenne sur les pentes à 4% avant Saint Sorlin (7 km en 13min30s). Il y a alors moins de 30 coureurs dans le groupe Maillot Jaune.

Arvesen prend le relais du Suisse à la sortie de Pierre Aigüe mais en fait les CSC temporisent sur la fin du col. Cela permet le retour de quelques coureurs. La puissance moyenne du groupe Maillot jaune se situe à 380 watts entre Saint Sorlin d'Arves et le col. Velits passe en tête au sommet avec 1min11s d'avance sur Kohl et le peloton maillot jaune.

Kohl vient de réaliser le meilleur temps de l'ascension de la Croix de Fer en 1h11min45s depuis le centre de Saint Jean de Maurienne. Nous n'avons pas calculé la puissance sur la totalité du col car il y a des portions de descente et des faux plats. Cancellara a été très impressionnant au cours de cette ascension avec un long passage à 410 watts sur des pentes à 9% ce qui est beaucoup compte tenu de son gabarit de rouleur.

Pineau attaque dans la descente de la Croix de Fer et rejoint Velits peu avant le barrage du Verney. Les deux hommes de tête possèdent 1min10s seulement d'avance sur un peloton de 36 coureurs au pied de l'Alpe d'Huez. Les deux fuyards seront assez rapidement dépassés par Carlos Sastre et les autres favoris du tour lors de l'ascension finale.

Carlos Sastre attaque dès le pied de l'ascension. Personne ne peut suivre. Il développe jusqu'à La Garde, après 2,45 km de montée, une puissance moyenne de 500 watts. Il passe en 7min28s à 23 secondes du temps de référence de Pantani (7min05s en 1995). Avec ses 60kg annoncés, Sastre a un avantage sur des pentes à 10% mais moins que Pantani qui devait peser 56kg. Dans le groupe maillot jaune, le rythme est saccadé avec de nombreuses accélérations suivi de ralentissements. A la Garde, le groupe Schleck a 22 secondes de retard sur Sastre.

Malgré un début d'ascension très rapide, Sastre maintient une puissance moyenne de 450 watts jusqu'à la Chapelle Saint Férréol après 7,35 km de montée. Dans le même temps, le groupe Schleck/Evans ralenti et perd du temps. L'Espagnol a alors 1min38s d'avance et passe dans un temps de 21min55s à 55s du meilleur temps d'Armstrong à cet intermédiaire (2001).

Ce n'est qu'après le passage sous la banderole « 5km » que Sastre faiblit un peu. Mais quelques rafales d'un vent fort, parfois de face, freinent aussi la progression des coureurs. Sastre remporte l'étape avec plus de 2min d'avance sur Sanchez et Andy Schleck et un peu plus encore sur les autres favoris du Tour. Il prend le maillot jaune à son coéquipier Fränk Schleck. Dans le groupe maillot jaune, tout le monde a remarqué l'aisance d'Andy Schleck qui a contrôlé toutes les attaques.

Sastre est bien entendu le plus rapide sur l'ensemble de la montée. Avec 39min30s, il n'améliore pas sa « meilleure marque » de 39min01s en 2006. Sa puissance moyenne sur l'ensemble de l'ascension, un peu sous évaluée en raison des rafales de vent sur la fin, s'établit à 430 watts. La performance de Sastre est du même niveau que celle de Piepoli et Cobo à Hautacam. La puissance moyenne est légèrement plus basse mais l'étape était plus longue et nous sommes dans la troisième semaine du Tour de France. Le groupe Evans a développé 403 watts de moyenne.







 

Les temps de passage sur la montée de l'Alpe d'Huez :

Historique des temps d'ascension sur l'Alpe d'Huez


Les grimpeurs Beat Breu (42'17'' en 1982) et Lucho Herrera (41'50'' en 1987) ont établi des temps de référence pour la montée de l'Alpe d'Huez dans les années 80. En 1991, 3 coureurs dont deux rouleurs (Bugno et Indurain) et un grimpeur (Leblanc) sont passés pour la première fois en dessous des 40 minutes (39'45''). Dans les années 1994-1997, nous avons eu les montées les plus rapides de l'Alpe d'Huez. Pantani a établi le record en 36'50'' à la fin d'une longue étape en 1995. Depuis, les vitesses d'ascension tendent à diminuer. Armstrong a à deux reprises réalisé le meilleur temps dans les années 2000 mais sans inquiéter les temps de Pantani. Par rapport à l'époque de Pantani, la baisse de puissance est aujourd'hui de 40 watts en tenant compte de l'allègement des vélos, soit environ 10%. Voici d'ailleurs une petite vidéo du record du pirate en 1997. (cliquer sur l'image)



Etapes longues avec plusieurs cols à gravir :

Etapes courtes ou montées sèches :

A retenir :

-Nous avons l'habitude de compter le nombre de coureurs ayant une moyenne supérieure à 410 watts pour les dernières ascensions des étapes. Cette année, 3 coureurs dépassent cette limite: Sastre, Schleck F. et Kohl. L'année dernière, nous avions eu 5 coureurs à plus de 410 watts: Contador, Rasmussen, Leipheimer, Soler et Evans. Sastre réalise un aussi bon tour de France qu'en 2006 avec 415 watts de moyenne. Sastre apparaît moins fort en montagne que Contador, Rasmussen et Soler. Les accélérations dans les cols sont moins spectaculaires que l'année dernière (duels Contador/Rasmussen). Cependant Ricco dans l'Aspin et Sastre à l'Alpe d'Huez nous ont gratifié d'attaques tranchantes.

-Performance étonnante de Sastre sur l'Alpe d'Huez avec un début d'ascension très rapide à 500 watts. Une de meilleures ascensions de sa carrière avec La Mongie et le contre la montre de l'Alpe d'Huez en 2004. Mieux que Joux Plane en 2006. Sa performance est du même acabit que celles de Ricco et de Piepoli dans les Pyrénées.

-Sastre ne semble pas fatiguer après plusieurs ascensions. En 2004, il avait gravi l'Alpe d'Huez en 39'57'' lors du contre la montre et 39'30'' cette année à la fin d'une étape de 210 km après deux grands cols. Il avait même fait 39'01' en 2006. En parallèle, Moncoutié et Goubert avaient gravi la montée de l'Alpe lors du contre la montre respectivement en 39'56'' et 39'58''. Cette année, ils n'ont pu faire mieux que 44'27'' et 43'30''. L'effet de la fatigue est clairement visible pour ces deux coureurs au contraire de Sastre.

-Evans apparaît au même niveau que l'année dernière (407 watts de moyenne). Il n'a pas trop amélioré sa condition physique depuis le Dauphiné Libéré au contraire de Sastre. L'Espagnol avait terminé 20ème seulement de cette épreuve.

-Vande Velde (32 ans) n'a jamais été aussi fort. Mise à part un moment difficile dans la montée de la Bonette, il a confirmé ses performances des Pyrénées.

-Excepté Sastre, et les Sauniers Duval dans les Pyrénées, peu de différence de niveau entre ceux qui terminent dans les 10 premiers du général. Nous avons souvent eu ensemble dans les cols des coureurs ayant des niveaux très proches les uns des autres. L'aspect tactique a influencé plus que les autres années les temps d'ascension.

-Les Français : Goubert a fait un très bon tour de France, un peu moins bon dans les Alpes que dans les Pyrénées. Finalement, on pourrait le situer à peu près au même niveau qu'en 2004.

Bon Tour de France de Casar, à un niveau légèrement inférieur au Tour d'Italie 2006 (6ème au classement général).

Moncoutié était plus performant dans les Alpes en étant présent à l'avant lors de l'étape de Jausier puis a réalisé une belle ascension de l'Alpe d'Huez. Dessel a remporté une belle étape de montagne mais son niveau apparaît moins constant qu'en 2006.

(*)Etalon de 78 kg avec vélo Nous ne calculons pas la puissance réelle développée par les coureurs. Celle-ci dépend entre autre de la masse à élever pour vaincre la pente. Le poids des coureurs n'est pas toujours connu avec précision le jour de la mesure. Ils peuvent se déshydrater en cours d'étape et perdre quelques kilogrammes. Le nombre de bidons portés est variable. Pour toutes ces raisons, nous préférons calculer la puissance d'un « coureur étalon » de 70 kg avec un équipement de 8 kg. Cette valeur est utilisée pour faire nos comparaisons.

 

Par The Pouk
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Dimanche 24 août 2008
Biomécanique, ce mot est revenu très souvent dans mes posts notamment depuis que je suis tombé sur  une étude de Frédéric Grappe un jour de juillet 2007 dans l'equipe. Aujourd'hui, voici une analyse très pertinente des différentes performances des cyclistes sur les étapes pyrénéennes du dernier Tour de France. Cet article est extrait de l'excellent site cyclismag.


Pyrénées : Un record mais des performances moins fortes

Les premières étapes du Tour 2008 ont montré des performances toujours élevées, même si les puissances des années précédentes n'ont pas été égalées. Riccardo Ricco, dont on a appris depuis le contrôle positif à l'EPO, a tout de même battu le record de l'ascension d'Aspin. Analyse des performances.


Collaboration de Frédéric Portoleau

Juillet 1996, le Danois Bjarne Riis remporte l'étape d'Hautacam et consolide son maillot jaune. Il réalise ce jour là une performance athlétique qui a marqué l'histoire du cyclisme. Il a pu enrouler le grand plateau sur les dernières pentes à 8%. En watts, cela s'est traduit par une puissance étalon de 78 kg avec vélo de 480 watts. Nous savons aujourd'hui que cette performance n'a pas été réalisée uniquement à l'aide de moyens naturels.

Les coureurs retrouvaient cette ascension redoutée à la fin de la dixième étape. En plus de la montée d'Hautacam, nous proposons une analyse des performances réalisées sur les cols de Peyresourde et d'Aspin pour la 9e étape et du légendaire col du Tourmalet escaladé avant Hautacam au cours de la dixième étape.

Les conditions de mesures de puissances ont été acceptables avec un vent souvent favorable dans les ascensions mais relativement faible (moins de 10 km/h). Dès lors, l'erreur maximale des chiffres de puissance est de l'ordre de 10 watts.

9e étape - TOULOUSE-BAGNERES DE BIGORRE

 

Voici un petit aperçu de l'étape (cliquer sur l'image)

Col de Peyresourde

Trois coureurs s'échappent en début d'étape : Lang, Kuschynski et Nicolas Jalabert. Ils débutent le col de Peyresourde avec une avance de 9'10" sur le peloton. Derrière, le peloton grimpe les premières pentes sur un rythme soutenu, pour un premier col loin de l'arrivée, à 400 watts. La sélection se fait par l'arrière. A 6 km du sommet, le peloton maillot jaune est encore composé de 80 coureurs. A l'avant, Lang s'échappe seul. Il passe en tête du col après une ascension à 365 watts de moyenne en 37'45". Le peloton passe en 17'15" sur le pont à la sortie de Garin à 5,8 km du sommet. Derrière, Monfort et De la Fuente partent alors en contre attaque. Ils accélèrent et fournissent une puissance de 425 watts pendant 16'. Le peloton se maintient à peu près au même rythme jusqu'au sommet et concède 40". De La Fuente réalise le meilleur temps de la montée en 33'35" depuis notre point de référence après 500 m de montée. Sa puissance moyenne est de 415 watts, ce qui est important pour un col en cours d'étape. Le peloton a maintenu une puissance moyenne de 406 watts. 70 coureurs environ ont pu suivre ce tempo.

Le record de la montée n'est pas amélioré puisque Mayo et Vinokourov avaient escaladé le col de Peyresourde en 31'10" en 2003 (445 watts). Cette année là, l'arrivée se situait à Loudenvielle quelques kilomètres après le sommet.

Col d'Aspin


Au pied du col d'Aspin à la sortie d'Arreau, Lang possède encore 2'40" d'avance sur Kuschynski, 4'45" d'avance sur Sanchez, Monfort, De la Fuente et Jalabert et 5'55" sur le peloton principal.

En tête du peloton un membre de l'équipe Euskaltel entame le col sur un rythme très rapide. Le peloton reprend assez rapidement Nicolas Jalabert qui n'a pas pu suivre ses compagnons d'échappé. Les quatre premiers kilomètres sont avalés par le peloton en 8 minutes à 30 km/h de moyenne. Cette portion de l'Aspin a une pente moyenne de 5,1% avec un seul passage difficile après le premier pont traversé. Les tentatives d'échappée se multiplient. De nombreux coureurs profitent encore de l'aspiration pour suivre. A ce rythme le coureur qui prend la tête du groupe doit développer une puissance moyenne d'environ 490 watts. Dans les roues d'un peloton occupant toute la largeur de la route et à 30 km/h, le gain de puissance peut aller jusqu'à 20%, soit 100 watts.

A 5 kilomètres du sommet, sur des pentes à 10%, le passage le plus ardu de l'Aspin, Ricco place un démarrage impressionnant. Personne ne peut suivre. L'Italien maintient une allure rapide et déborde facilement le groupe Monfort/Sanchez. Sa puissance moyenne atteint 445 watts pendant 21 minutes sur la dernière portion du col. Après l'attaque de Ricco, le peloton ralenti et se maintient à une puissance de 415 watts. L'Italien dépasse le dernier rescapé de l'échappé matinale Lang avant le sommet du col. Ricco a en 5 km creusé un écart de 1min16s sur les autres favoris du Tour de France. Ces derniers ont visiblement préféré ne pas produire trop d'efforts en vu de la descente vent de face en direction de Bagnères de Bigorre. Ricco ne perd presque pas de temps dans la descente et remporte l'étape à 39,6 km/h de moyenne.

Ricco établi une nouveau temps de référence pour le col d'Aspin depuis Arreau en 29'20" à presque 26 km/h de moyenne. Le précédent « record » était détenu par Rasmussen qui gravi le col d'Aspin en 30'10" en 2004 juste devant un peloton de 40 coureurs emmené par l'équipe US postal. L'étape se terminait à La Mongie.

L'amélioration du record de l'Aspin provient du fait que c'est la première fois que ce col est escaladé si près de l'arrivée d'une étape. Les coureurs fournissent généralement un effort maximal sauf pour des raisons de tactiques de course.

Néanmoins, les pentes de ce col (6%) ne favorisaient pas spécialement un petit gabarit comme Ricco. Sa puissance moyenne de 445 watts se situe à 15 watts des meilleures ascensions de Lance Armstrong. La performance est marquante après 180 km de course. 40 coureurs environ ont pu enchaîné deux cols assez longs de 30' à plus de 400 watts. Le niveau d'ensemble apparaît encore élevé sur cette première étape pyrénéenne.

10e étape - PAU-HAUTACAM

Pour commencer petit aperçu de l'étape (cliquer sur l'image)

Col du Tourmalet


Le début de l'étape est marqué par une longue course poursuite entre le peloton et un groupe de 24 coureurs. Dans les environs de Bagnères de Bigorre le peloton décide enfin de ralentir son allure, une fois Popovych rejoint. Des rescapés de la première échappée en profitent pour prendre le large. Au pied du col du Tourmalet, 7 coureurs mènent la course. Il s'agit de Di Gregorio, Duque, Cancellara, Dupont, Fothen, Freire, et Roy. Ils possèdent 45" d'avance sur Bichot et 9'10" sur le peloton à Sainte Marie de Campan.

Dès la sortie de Gripp, à 12 km du sommet, Di Grégorio part seul devant et creuse l'écart sur ses compagnons d'échappée. Il réussi une belle ascension à 370 watts de moyenne. A l'arrière, l'équipe CSC prend la course en main et imprime un rythme soutenu à 390 watts.

A La Mongie, à un peu plus de 4 km du sommet, le peloton est encore composé de 35 coureurs. Puis Voigt accélère l'allure en tête du peloton. De nombreux favoris sont lâchés: Cunego, Valverde, Kreuziger, Nibali. Voigt réalise une fin de montée très rapide à 405 watts depuis La Mongie. Di Gregorio passe seul en tête avec 6 minutes d'avance sur le groupe Voigt et 6'45" sur le groupe Valverde.

Les 14 coureurs du groupe Voigt viennent d'escalader le Tourmalet depuis Gripp en 40'35" à 18,6 km/h de moyenne. Le record de la montée (Armstrong et Ullrich: 38'43" en 2003) n'est pas amélioré. Les conditions de course étaient acceptables cette année sans chaleur et par vent légèrement favorable. La puissance moyenne de Voigt depuis Gripp s'établit à 397 watts. La performance est de taille. Le rouleur Allemand pèse plus de 75 kg, bien au delà de notre étalon de 70 kg. La consommation maximale d'oxygène diminue avec l'altitude. Suivant les individus, elle peut baisser de 5 à 10% vers 2000 m. Ajoutons que le groupe Voigt n'a fait que 45" de plus que Pantani en 1994. L'Italien était parti en contre attaque derrière Virenque.

Pour éviter le retour du groupe Valverde, l'équipe CSC se déchaînent dans la vallée menant à Hautacam. Voigt et Cancellara effectuent des relais très appuyés. Le groupe Valverde accuse un retard de 2'35" au pied de la dernière ascension.

Montée d'Hautacam


Le début d'ascension est rapide à 465 watts dans la roue de Jens Voigt. Di Gregorio est rejoint après 1 km de montée. Dès Arbouix, les attaques se multiplient: F. Schleck deux fois, Piepoli, Cobo et Sastre. Après 2,5 kms de montée, F. Schleck et Piepoli partent devant et sont rejoint un peu plus haut par Cobo Acebo. Le rythme baisse alors dans le groupe des favoris du Tour: Evans, Sastre et Menchov marquent un temps d'observation à 365 watts de moyenne pendant 7 minutes jusqu'à Artalens. Au contraire, les trois coureurs de tête F. Schleck, Piepoli et Cobo maintiennent un rythme élevé à 435 watts sur la même portion puis accélèrent à 450 watts entre Artalens et le lacet à 980 m d'altitude. Ils creusent l'écart. Les 3 hommes de tête ralentissent leur allure sur la fin du col, ils parviennent quand même à se maintenir sur un rythme de 425 watts sur les 6 derniers kilomètres. Derrière, le groupe Evans-Menchov-Sastre ne peut faire mieux que 410 watts sur les 9 derniers kilomètres de la montée. F. Schleck faiblit sur la fin et doit laisser partir les deux coureurs de l'équipe Saunier Duval sur la dernière portion raide à 2,5 km du sommet. Piepoli remporte l'étape devant Cobo.

Piepoli vient d'escalader la montée d'Hautacam en 37'30" à 22 km/h et à 439 watts de moyenne. La performance est équivalente à celle de Ricco la veille sur le col d'Aspin. Piepoli concède 2'55" au temps de référence de Bjarne Riis de 1996 (34'35") et 2'08" au temps de Luc Leblanc de 1994 (35'22"). En 1994 et 1996 les coureurs n'avaient pas de cols à escalader avant Hautacam et les vélos pesaient en moyenne 2 kg de plus. Mais sur une montée comme Hautacam 2 kg économisé sur le vélo procure un avantage de 40" (ou 10 watts) seulement pour notre étalon de 78 kg avec vélo. L'étape du Tour de France 2008 ressemble plus pour le profil à celle du Tour 2000 se terminant également sur les hauteurs d'Hautacam. La comparaison apparaît plus judicieuse. Lance Armstrong avait gravi la montée en 36'25" soit 1'05" de moins que Piepoli. Justement, voici quelques extraits de la montée de l'américain en 2000. Cliquez sur l'image pour vous écoeurez.

Par rapport aux années 1994-1998, les performances ne sont plus tout à fait les mêmes aujourd'hui. En performance maximale sur une montée de col, il y a 30 à 40 watts de différence.

À RETENIR

● Deux équipes au dessus du lot : CSC et Saunier Duval

● Deux performances hors normes à 440 watts sur 30 minutes ou plus en fin d'étape de montagne. Ricco bat le record de la montée d'Aspin puis résiste seul face au vent dans les faux plats descendants menant à Bagnères de Bigorre. Piepoli n'a pas semblé être à fond sur la fin de la montée d'Hautacam en discutant avec son coéquipier Cobo.

● Jens Voigt le « poids lourd » nous a reproduit le coup du Tour d'Allemagne dans le Tourmalet. L'Allemand a remporté deux fois de suite son tour national en dominant les grimpeurs dans la montagne. Il avait développé 385 watts en puissance étalon lors de la montée vers les glaciers de Solden en 2007. A presque 37 ans, il n'avait jamais réalisé un tel numéro en montagne lors du Tour de France.

● Vande Velde la surprise de l'équipe Garmin : il n'a jamais été à un tel niveau à 32 ans.

LES FRANÇAIS

Les trois meilleurs Français ont été Stéphane Goubert, Rémy Di Grégorio et Sandy Casar, les seuls présents à l'avant de la course deux jours de suite.

Stéphane Goubert : à 38 ans, le meilleur Français dans les Pyrénées. dans le groupe des favoris à Bagnères puis 12e à Hautacam avec 408 watts de moyenne. Décroché sur la fin du Tourmalet, il est revenu dans la descente. Il a presque tenu jusqu'au sommet le rythme de Voigt. Il a enchaîné les montées de cols entre 400 et 415 watts.

Il avait réalisé ses meilleurs Tour de France en 2002 et 2004, en terminant respectivement 17e et 20e au classement général. Au niveau des puissances développées, c'est en 2004 qu'il a été le plus fort avec 391 watts à La Mongie, 370 watts au Plateau de Beille et 420 watts au contre la montre de l'Alpe d'Huez (39'58" pour la montée).

Après un bon Tour d'Espagne 2007 (13e au général), Goubert n'a jamais semblé aussi fort que cette année. Mais attendons les Alpes pour tirer un bilan définitif.

Rémy Di Grégorio : 26e à Bagnères dans le peloton des favoris puis 375 watts lors de son échappée en tête dans le Tourmalet. Il a fléchi lors de la dernière montée vers Hautacam. Il progresse régulièrement depuis ses débuts professionnels. Il n'a que 23 ans, sa marge de progression doit être encore importante.

Sandy Casar : A l'avant lors de l'étape de Bagnères et 21e à Hautacam (390 watts). Il a effectué une bonne traversée des Pyrénées. Attendons les Alpes pour savoir s'il reproduit sa performance d'ensemble du Tour d'Italie 2006 (390 watts de moyenne).

Cyril Dessel : 3e à Bagnères de Bogorre, avec 415 watts dans le col d'Aspin et 406 watts au col de Peyresourde. Sur cette étape il a retrouvé son niveau de 2006 (415 watts à l'Alpe d'Huez, 400 watts à La Toussuire). Termine très loin le lendemain à plus de 24 minutes.

David Moncoutié : en baisse, lâché dans le Tourmalet après La Mongie, il n'a plus son niveau de 2002-2004. Ses deux graves chutes ont probablement affecté son potentiel en montagne.

Ces dernières années, les meilleurs Français en montagne ont été Christophe Moreau et John Gadret. Ils ont abandonné avant les Pyrénées. John Gadret fut particulièrement brillant au Tour d'Italie 2006 : 430 watts au Monte Bondone. Moreau a été parmi les meilleurs dans les Alpes l'année dernière. On se souvient de ses multiples démarrages dans la montée de Tignes. Il a remporté aussi le Dauphiné Libéré avec une montée rapide du col du Télégraphe à 428 watts.

(*)Etalon de 78 kg avec vélo

Nous ne calculons pas la puissance réelle développée par les coureurs. Celle-ci dépend entre autre de la masse à élever pour vaincre la pente. Le poids des coureurs n'est pas toujours connu avec précision le jour de la mesure. Ils peuvent se déshydrater en cours d'étape et perdre quelques kilogrammes. Le nombre de bidons portés est variable. Pour toutes ces raisons, nous préférons calculer la puissance d'un « coureur étalon » de 70 kg avec un équipement de 8 kg. Cette valeur est utilisée pour faire nos comparaisons.

Par The Pouk
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Jeudi 14 février 2008

«Christian Prudhomme, pourquoi avoir évincé Astana ?
On ne peut pas tirer un trait, comme cela, sur ce qui s'est passé ces deux dernières années. Non seulement en 2007 mais aussi en 2006. Nous n'avons pas le droit d'avoir la mémoire courte. En 2006, une équipe naît sur les cendres de Liberty Seguros. Dans cette équipe-là, la moitié des coureurs est citée dans l'opération Puerto et, de fait, ne peut pas prendre le départ du Tour. L'année suivante, on nous explique qu'il y a une nouvelle équipe, un nouvel encadrement, que tout est nouveau. On leur fait confiance, on les invite sur le Tour. Nous avons reconnu que nous avions fait une erreur de les prendre. Nous ne voulons pas refaire la même erreur deux fois de suite.

L'encadrement et une partie des coureurs ont de nouveau changé chez Astana...
Cette année, c'est une deuxième nouvelle équipe, qui nous redit la même chose que l'année dernière: "On n'a rien à voir avec le passé". Ce qui est vrai... sauf que l'on ne peut pas solder ce passé comme cela. Tout ce qui est annoncé pour 2008, les nouvelles mesures, les contrôles internes, etc, c'est très bien. On ne souhaite qu'une chose, que cela marche. Si ça marche, on les reverra dans nos épreuves un peu plus tard. Mais pas cette saison.

Est-ce une punition ?
Non. On se retrouve seulement dans la même situation que l'année dernière. On a déjà payé pour voir. Cette fois-ci, on veut attendre. On est dans le solde du passé. D'ailleurs, Johan Bruyneel (manager d'Astana) l'a dit à maintes reprises: "Je ne peux pas effacer ce qui s'est passé".

Est-ce que vous ne faites pas confiance au nouveau passeport sanguin, obligatoire pour tous les coureurs ?
C'est une très belle avancée, sans aucun doute, un outil extrêmement important mais ce n'est pas l'arme absolue.

Pourquoi avoir seulement sanctionné Astana ? Et pas High Road (ex T-Mobile) par exemple ?
On n'est pas dans la même situation. L'affaire Sinkewitz s'est passée avant le Tour. Si chacun avait voulu protéger le Tour, nous aurions connu le résultat le concernant avant le départ du Tour.

Contador paye-t-il les soupçons qui l'ont entouré l'an dernier ?
Ce n'est pas une mesure anti-Contador, en aucune manière. Cela ne nous amuse pas de ne pas avoir Contador mais le système dans le cyclisme est ainsi fait depuis plus de cinquante ans que ce sont les équipes qui sont sélectionnées.

Quand sera connue la sélection des équipes pour le Tour ?
On la donnera avant la fin du mois.

Que répondez-vous à ceux, l'UCI ou l'association des coureurs, qui ont mis en cause la sélection des équipes par les organisateurs, à commencer par le Giro ?
On ne veut pas d'arbitraire, on veut un système fondé sur le sport. 2008 est une saison très particulière durant laquelle le cyclisme n'a pas de droit à l'erreur. Bien évidemment, il faut des critères parfaitement définis pour 2009 et les saisons suivantes. Là, on est dans une situation particulière qui n'est pas de notre fait.»

AFP

Par The Pouk
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Mercredi 13 février 2008
Dans un post récent, je vous parlais des calculs du biomécanicien Frédéric Grappe. Voici, désormais, un article tiré du site cyclingmag.com,  avec les analyses de Frédéric Portoleau.

Collaboration de Frédéric Portoleau

14e étape, Mazamet-Plateau de Beille, 197 km

Deux grandes ascensions attendent les coureurs du Tour de France pour cette 14ème étape: le Port de Pailhères et la montée finale vers le Plateau de Beille. Cet enchaînement est une première. Lors des précédentes étapes arrivant au Plateau de Beille, le parcours arrivait par l'Ouest par le col de Port (1998 et 2002) ou le Col d'Agnes (2004). Le Port de Pailhères a une difficulté équivalente au col du Tourmalet. La route menant à la station de ski de fond de Beille a une longueur et un pourcentage moyen supérieurs à l'Alpe d'Huez.

L'échappée matinale aborde le Port de Pailhères avec une avance d'environ 6 minutes sur le peloton des favoris. A l'avant comme à l'arrière, la sélection s'opère dans la montée. Un groupe de quatre coureurs passe en tête au sommet : Perez, Colom, Gutierrez et Txurruka. David Millar imprime le rythme dans la première partie du col. Alexandre Vinokourov puis Christophe Moreau sont distancés. A 5 kilomètres du sommet, l'équipe Rabobank avec Dekker prend la course en main. Au sommet, le groupe des favoris n'est plus composé que d'une vingtaine de coureurs. Les échappées ont développé une puissance moyenne de 360 watts depuis Rouzes. Les favoris du tour ont monté la dernière partie du col sur un rythme assez soutenu à 390 watts. Le record de la montée n'a pas été battu : 48min39s depuis le carrefour avec la D118. La meilleure performance date de 2003 avec 44'34'' depuis Usson les Bains.

Sur le Plateau de Beille, Contador et Rasmussen vont se livrer à un premier duel. Antonio Colom lâche ses compagnons d'échappées. Il sera rattrapé dans la deuxième partie de la montée par les favoris du Tour. Michael Boogerd mène le peloton dans les premiers kilomètres sur un rythme très élevé à 455 watts. Yaroslav Popovych prend le relais et développe à son tour 445 watts pendant 6 minutes. Après 3,5 km de montée, ils ne sont plus que 10 dans le roue de l'Ukrainien : Evans, Sastre, Klöden, Soler, Kashechkin, Menchov, Rasmussen, Boogerd, Leipheimer et Contador. Boogerd et Popovych poursuivent le travail en tête jusqu'au 9 kilomètres du sommet. La puissance moyenne du groupe des favoris a atteint 440 watts pendant 18 minutes.
Levi Leipheimer est le premier à démarrer. Il est repris. Dans la partie la plus pentue de la montée (rampes à 10-11%), Contador, Rasmussen et Soler placent de nombreux démarrages. A 5,5 km du sommet, Contador attaque encore plus violemment, seul Rasmussen peut le suivre. Les deux grimpeurs partent seuls devant se disputer la victoire d'étape. La puissance moyenne a été de 425 watts pendant cette phase de course. Cette puissance n'est pas supérieure à celle de la première partie de la montée car les coureurs n'ont pas cessé d'accélérer puis de ralentir.
Sur la fin de la montée, Rasmussen et Contador relâche quelque peu leur effort avec une puissance moyenne de 415 watts au cours des cinq dernières minutes. Ils prennent en fait un peu de temps pour discuter et s'observer avant le sprint final.
Avec un temps de 44'17'', Contador et Rasmussen améliorent la performance de Lance Armstrong et d'Ivan Basso de 2004. Ils échouent à 47'' du record de Pantani qui date de 1998. Tous les deux avaient le potentiel physique pour battre ce record. Les circonstances de course avec les successions de démarrages les en ont empêchés. Le niveau d'ensemble de ce Tour est élevé car ils sont cinq à avoir amélioré le temps d'Armstrong et de Basso de 2004. Sastre, Soler, Leipheimer ont aussi monté le plateau de Beille en moins de 45'40''.

Avec 430 watts de moyenne pendant 44 minutes, Contador et Rasmussen réalisent une performance athlétique assez exceptionnelle, irréalisable avant 1994. Néanmoins, ils possèdent des gabarits de grimpeurs légers, ce qui est avantageux sur des pourcentages de 8%. Leur performance reste moins phénoménale que celle par exemple de la montée de La Plagne (durée d'effort équivalent) d'Indurain en 1995. L'Espagnol avec son gabarit de rouleur, développa 448 watts pour la puissance étalon de 78kg avec vélo.

LES TEMPS ENREGISTRES ET LES PUISSANCES CALCULEES




15e étape, Foix-Loudenvielle, 196 km

Cette étape propose un enchaînement de cinq cols. Le Port de Balès constitue la difficulté principale du jour. C'est un nouveau col pour le Tour de France. Il a déjà été escaladé auparavant par les coureurs professionnels lors de la Route du Sud.

La course démarre sur les chapeaux de roue. Un groupe avec Vinokourov se détache dans la montée du premier col, le col de Port. Celui-ci est escaladé sur un rythme très soutenu à 393 watts de moyenne. Il s'agit d'une valeur très élevée pour un col situé en début d'étape à 150 km de l'arrivée. Le peloton déjà bien réduit, développe 10 watts de moins.

La bonne échappée, composée de 25 coureurs, se constitue à l'approche de Saint Girons. Ils creusent l'écart dans la vallée puis dans les ascensions du col de Portet d'Aspet et du Menté. Le Menté est gravi à une puissance moyenne de 375 watts pour l'échappée et de 360 watts pour le peloton.
Le peloton aborde le Port de Balès avec un retard de 8min30s sur le groupe d'échappés. A l'avant, un groupe se constitue avec Kirchen, Arroyo et Tschopp. Leur puissance moyenne est de 378 watts sur la dernière portion du Balès. A l'arrière, les favoris reprennent du temps aux échappés. Sous la conduite de Boogerd, ils montent le Port de Balès à une allure très soutenue à 394 watts de moyenne. Au sommet, il n'y a plus qu'une vingtaine de coureurs dans la roue du Hollandais.
Dans la foulée, le col de Peyresourde est escaladé. Vinokourov part seul de l'échappée. Sa puissance moyenne atteint 406 watts. Cela représente une performance de haut niveau après une longue échappée. A sa décharge, il n'a pas pris beaucoup de relais dans l'échappée une fois constituée. Il a tout de même dépensé beaucoup d'énergie en début d'étape dans la montée du col de Port. Le groupe des favoris est emmené par Boogerd dans le col de Peyresourde sur un rythme soutenu à 430 watts. Il ne se passe pas grand chose avant les deux derniers kilomètres. Nous assistons alors à une série de démarrages d'Alberto Contador. Rasmussen, le maillot jaune revient à chaque fois dans sa roue. Contador effectue une sorte de séance d'entraînement de la puissance maximale aérobie de 5 fois 30s/30s en côte. C'est assez phénoménal surtout à la fin d'une longue étape de montagne. La puissance moyenne des deux grimpeurs atteint 465 watts sur les 5 dernières minutes de la montée. Celle-ci est un peu sous estimée car nous prenons l'hypothèse d'une vitesse constante pour nos calculs. Malgré tous ses efforts, Contador ne réussi pas à décrocher Rasmussen. En fait après chaque attaque, il ralentit et permet au Danois de revenir dans sa roue.
Contrairement à Lance Armstrong ou Marco Pantani par le passé, Contador n'est pas capable de soutenir une puissance aussi forte après un démarrage. La puissance moyenne de 465 watts le démontre. Sur des durées d'efforts équivalentes en côte, Pantani et Armstrong étaient capables de dépasser les 520 watts. On pense à leurs démarrages au pied de l'Alpe d'Huez: 1994, 1995 et 1997 pour Pantani, 2001 pour Armstrong. Sur ce type d'effort, il faut aussi être prudent sur l'interprétation des chiffres de puissance. Le matériel utilisé en effet peut jouer un grand rôle: rigidité du cadre, moment d'inertie, légèreté et rigidité des roues.
La puissance moyenne de Contador et de Rasmussen sur l'ensemble du col de Peyresourde est de 436 watts. Leur rythme très rapide sur la fin et une durée d'ascension plus courte que le plateau de Beille a compensé la phase d'observation en début de col quand Boogerd imprimait son rythme.
Par comparaison, en 2003, Vinokourov et Mayo avait développé une puissance moyenne de 447 watts sur l'ensemble du col de Peyresourde qui était aussi le dernier de l'étape comme cette année.

LES TEMPS ENREGISTRES ET LES PUISSANCES CALCULEES





16e étape, Orthez-Col d'Aubisque 218.5 km

C'est la deuxième fois que le col d'Aubisque sert de cadre pour une arrivée d'étape. En 1985, les coureurs escaladaient le versant est via le col du Soulor. Stephen Roche l'avait emporté. Cette année les coureurs devront en découdre le long du versant le plus difficile, depuis Laruns. Au début de l'étape, les coureurs doivent franchir 3 autres cols dont le Port de Larrau : un obstacle redoutable avec une portion de 10 kilomètres à 9,3%.

4 coureurs prennent les devants en début d'étape: Augé, Rinero, Garcia Acosta et Verdugo. Ils possèdent une avance de 8min50s sur le peloton au pied du Port de Larrau. Dès les premières rampes, Soler sort du peloton. Sastre, bien placé au classement général puis Mayo se joignent au coureur Colombien. Le peloton réagit, Paulinho et Popovych tentent de revenir sur le groupe de trois. Sur le site
www.srm.de, des données de capteurs de puissance sont disponibles en direct. Pendant 10 minutes, le Portugais Paulinho grimpe à une fréquence cardiaque de 178/180 pulsations par minutes avec une puissance comprise entre 400 et 420 watts. Il est probablement au maximum de ses possibilités (voir ici). Il ne parvient pas à rejoindre les trois fuyards et doit relâcher son effort sur la suite du col à 350 watts.

Soler, Sastre et Mayo effectuent une montée époustouflante du col d'Eyrromendi à 422 watts de moyenne. 18 km/h sur des pentes à 10%. Au sommet, ils ne sont plus qu'à 3'32'' de Garcia Acosta et de Verdugo. Le peloton Rasmussen passe avec 1 minute de retard. A l'avant les deux Français Augé et Rinero ont été décrochés. Ils développent 354 watts de moyenne soit presque 70 watts de moins que le trio Sastre, Soler, Mayo. En 1996, les équipes Festina (Dufaux et Virenque) et Telekom (Riis et Ullrich) faisaient exploser la course dans ce col. Indurain et Rominger furent distancés. L'étape se terminait en Espagne à Pampelune. Leur puissance moyenne était de 395 watts, soit 25 watts de moins que Soler, Sastre et Mayo cette année. Il restait 100km à parcourir contre 140 cette année.

7 coureurs se retrouvent en tête dans la vallée en direction du col de la Pierre Saint Martin. Soler, Sastre et Mayo ont rejoint l'échappée matinale. L'écart avec le peloton augmente. Les Français Augé et Rinero sont lâchés dans le col de la Pierre St Martin. Au pied du col de Marie-Blanque, les cinq hommes de tête possèdent une avance de 3 minutes sur le peloton après avoir eu une avance maximale de 5 minutes. Le « rouleau compresseur » Rabobank s'est mis en route. Le peloton escalade le col de Marie-Blanque à une puissance moyenne de 410 watts. Il continue de reprendre du terrain aux échappés qui plafonnent à 370 watts. Au pied du dernier col l'Aubisque, les hommes de tête n'ont plus que 47 secondes d'avance.

A l'avant Sastre et Mayo lâchent Soler sur la portion la plus facile du col avant les Eaux-Bonnes. Derrière, le peloton débute l'ascension de manière extrêmement rapide. Menchov en tête développe 470 watts de moyenne pendant 8 minutes. Il roule à 30 km/h entre le carrefour de la route du Pourtalet et les Eaux Bonnes. La pente est de 4,9 %. A cette allure, les coureurs au milieu du groupe profitent de l'aspiration et leur puissance moyenne est plus basse que celle du coureur de tête. Popovych prend à son tour la tête après la traversée des Eaux-Bonnes et effectue un relais de 4 minutes à 485 watts.
Nous arrivons au début des forts pourcentages à l'altitude de 840m. Sastre et Mayo ont encore 22s d'avance. Leipheimer attaque, cela provoque la sélection. Seuls Contador, Rasmussen et Evans peuvent le suivre. Sastre et Mayo ont été débordés. Le rythme continue d'être élevé: 11 minutes à 450 watts. Contador tente de partir seul à trois reprises. Mais ses attaques sont moins tranchantes qu'il y a deux jours. Rasmussen le suit sans trop de difficultés. Ils ne sont plus que deux en tête : Rasmussen et Contador. Plus haut, les deux grimpeurs temporisent. Leipheimer en profite pour recoller. L'Américain mène mais à un rythme plus faible: 15 minutes à 400 watts. Sur la fin du col, Rasmussen part seul : il développe 450 watts pendant 5 minutes. Derrière, Soler effectue une bonne fin d'ascension: il dépasse Sastre.
Les quatre premiers de l'étape Rasmussen, Leipheimer, Contador et Evans améliorent la meilleure performance connue à ce jour sur la montée du col d'Aubisque. Virenque avait escaladé l'Aubisque en 44'40'' en 2000 lors de l'étape Dax-Hautacam. Rasmussen a escaladé ce col en 43'23'' soit 1'17'' de mieux. La comparaison s'arrête là car lors du Tour 2000, il fallait escalader la montée d'Hautacam après l'Aubisque. La puissance moyenne de Rasmussen de 428 watts montre que le Danois a réalisé une très bonne performance. L'étape était longue et nous sommes dans la troisième semaine du Tour de France. La grande performance du jour est cependant à mettre à l'actif du Colombien Soler qui malgré une longue échappée de 140 km très éprouvante avec 422 watts dans le Port de Larrau a développé 406 watts dans le dernier col.
Iban Mayo qui a accompagné Soler toute la journée a faibli dans la dernière montée avec 353 watts. Il aurait été plus logique de retrouver Soler et Sastre à ce niveau sur l'Aubisque.

LES TEMPS ENREGISTRES ET LES PUISSANCES CALCULEES
 



Bilan des Pyrénées :

Rasmussen et Contador ont montré dans les Pyrénées que le niveau des meilleurs grimpeurs est toujours très élevé. Ils ont développé trois fois de suite des puissances autour de 430 watts lors des dernières ascensions. On peut dire que Contador et Rasmussen ont un niveau proche des meilleurs grimpeurs du dernier Tour d'Italie : Di Luca, Piepoli, Simoni et Cunego. Ils restent cependant à un niveau inférieur en montagne à Ivan Basso ou Lance Armstrong. Ces deux grimpeurs ont des facultés d'accélérations assez étonnantes. Le niveau de leurs équipiers est remarquable également: Boogerd et Popovych en particulier ont été très impressionnants aux pied des dernières ascensions des étapes.

(*) Etalon de 78 kg avec vélo
Nous ne calculons pas la puissance réelle développée par les coureurs. Celle-ci dépend entre autre de la masse à élever pour vaincre la pente. Le poids des coureurs n'est pas toujours connu avec précision le jour de la mesure. Ils peuvent se déshydrater en cours d'étape et perdre quelques kilogrammes. Le nombre de bidons portés est variable. Pour toutes ces raisons, nous préférons calculer la puissance d'un « coureur étalon » de 70 kg avec un équipement de 8 kg. Cette valeur est utilisée pour faire nos comparaisons.

Par The Pouk
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Mercredi 13 février 2008

Après un Tour de France 2007 émaillé de plusieurs scandales dont celui de l'équipe du triste kazakh Vinokourov, Amaury Sport Organisation, la société organisatrice entre autres du Paris-Nice ou du Tour de France, a décidé de ne pas convier Astana aux différentes courses qu'elles organisent cette année.

 

C
ontador peut ranger son vélo 



Alberto Contador, Levy Leipheimer et Andreas Klöden se voient donc privés de Tour de France cet été. C'est évidemment un coup dur pour la formation managée par Johan Bruynell et Alain Gallopin mais pas forcément pour le cyclisme. En effet, entre Armstrong, dont il a été démontré qu'il avait pris de l'EPO en 1999, et les performances de Contador et de Leipheimer jugées inhumaines par le biomécanicien du sport Frédéric Grappe, la réputation du manager belge n'est pas vraiment la bienvenue au moment où le cyclisme tente, encore une fois, de trouver du crédit. Au passage, j'aimerais récompenser la question de l'année 2007 posée à Johan Bruynell par Jean-René Godart  : "8 victoires sur les 9 dernières participations de votre équipe, Johan, quelle est votre recette ?"  De même, Gallopin ne semble pas être une personne très recommandable quand où voit tous les mystères autour de son ancienne formation C.S.C. dont notamment un gros autour du Paris-Roubaix 2006 que beaucoup de monde à oublier très rapidement. Rappelons juste que ce jour-là c'est un coureur de la formation danoise, Cancellara, qui l'avait aisément emporté sur le vélodrome...
Bien sûr, les dirigeants d'ASO n'ont pas justifier leur décision du fait de ces points où les preuves manquent mais en raison « des dommages causés par cette équipe au Tour de France et au cyclisme en général, tant en 2006 qu'en 2007. L'équipe Astana a en effet trahi, l'année dernière, la confiance des organisateurs qui l'avaient invitée sur la foi, déjà, d'une rénovation affichée par ses dirigeants. Toutefois, l'équipe ayant à nouveau changé, ASO restera attentive aux efforts qu'Astana mettra en oeuvre pour vivre une saison 2008 sans affaires et sans soupçons, et pourra alors considérer son éventuelle candidature pour ses futures épreuves ».

Après les cas de dopage Vinokourov et Kashechkin, l'affaire Rasmussen, ce sont donc trois nouvelles têtes d'affiche du dernier Tour qui voient leurs futurs s'obscursirent. Espérons toutefois que les querelles entre l'UCI et ASO (avec entre autres la non sélection de 4 équipes Pro Tour pour le Giro 2008) n'aboutissent pas à des boycotts ou laxismes qui annuleraient le travail accompli jusque là.

Par The Pouk
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Mercredi 27 juin 2007

On se souvient encore de la tempête qui s'abattut sur Strasbourg à la veille du départ de l'édition précédente; Basso, Ullrich et Mancebo exclus pour être apparus sur la liste des coureurs suivis par le sulfureux docteur Fuentes. Depuis, la lutte a continué malgré des lenteurs judiciaires et avec malheureusement ou heureusement de nouveaux résultats qui arrivent et qui pourraient, de nouveau, décapiter le Tour de ses favoris. 

La mode actuelle est au contrôle non négatif. C'est-à-dire que le coureur est non propre. Ils sont forts quand même dans le cyclisme. Redevenons sérieux. Si je vous dit, Vinokourov, Valverde, Klöden, vous me répondrez peut-être que c'est le prochain podium à Paris. Et bien moi, je vous réponds que ce sont peut-être les prochains coureurs pris par la patrouille. En effet, six ou sept coureurs "à hauts risques en raison de leur comportement suspect et parce qu'ils sont susceptibles de bien marcher sur le Tour de France" ont subi des contrôles inopinés dont les résultats sont donc non-négatifs. L'équipe Astana, déjà dans le collimateur des instances internationales, du fait de la difficulté de retrouver les coureurs, qui ne portent pas la tenue de leur formation durant l'entrainement, afin de réaliser des contrôles inopinés. Pour sa défense, la formation kazakhe attribue cet anonymat au souhait de ne pas être dérangée par les badauds. Aujourd'hui, un nouvel élément est apparu au dossier Astana, Mathias Kessler, recruté à l'intersaison et qui a très (trop) bien marché sur les classiques ardennaises (4ème de l'Amstel, 4ème de la Flèche Wallone, 8ème de Liège-Bastogne-Liège), a était contrôlé positif à la testostérone. Il a toutefois demandé l'analyse de l'échantillon B, se disant innocent. Affaires à suivre...

astana.jpg



Sinon, dans la catégorie dopage, Alessandro Petacchi, le sprinteur de Milram, a subi un contrôle non négatif. Sa participation au Tour est donc fort compromise.Enfin, Di Luca, Simoni, Ricco et Mazzoleni ont subi des contrôles inopinés aux résultats suspects durant le Giro.

Par The Pouk
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Mercredi 27 juin 2007

La lutte contre les tricheurs est plus que jamais lancé. Après le scandale de l'affaire Puerto l'an dernier au départ du Tour à Strasbourg, le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, remonte au créneau et demande à tous les participants de signer la charte de l'UCI sous peine d'êtreinterdit de départ. Voici les termes de cette charte :

«Je déclare sur mon honneur, devant mon équipe, mes collègues, l'UCI, la famille cycliste et le public, que je ne suis pas impliqué dans l'affaire Puerto ni dans aucune autre affaire de dopage et que je ne commettrai aucune infraction au règlement antidopage de l'UCI. Comme preuve de mon engagement, j'accepte, si je venais à violer ce règlement et étais condamné à la sanction standard de deux ans de suspension ou plus, dans le cadre de l'affaire Puerto ou de toute procédure antidopage, de verser à l'UCI, en plus des sanctions règlementaires, une contribution à la lutte antidopage d'un montant égal à ma rémunération annuelle pour l'année 2007.

Dans le même temps, je déclare à la Justice espagnole que je tiens mon ADN à sa disposition, pour qu'il puisse être comparé avec les poches de sang saisies dans le cadre de l'affaire Puerto. Je fais appel à la Justice espagnole pour qu'elle organise cet examen dans les plus brefs délais ou permette à l'UCI de l'organiser.

J'adhère enfin à la volonté de l'UCI de rendre ma déclaration publique ».

A l'heure actuelle, une centaine de coureurs (dont ceux du Crédit Agricole et de la T-Mobile) ont signé ce document mais seulement le quart de ces cyclistes sont susceptibles d'être sélectionné pour le Tour. De plus, on sait que certains coureurs espagnols et italiens s'opposent à cette charte parlant de "criminalisation des cyclistes". Mais bon, ceux qui nous rien à se reprocher n'ont rien à craindre de leur signature. C'est pourquoi je soutiens pleinement Christian Prudhomme dans son combat. Combat d'un homme qui aime le cyclisme et qui fait tout depuis sa prise de fonction pour redorer l'honneur de ce magnifique sport. Merci M.Prudhomme.

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Par The Pouk
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