Tout d'abord le tracé du 95ème Tour de France qui se courrera du samedi 5 au dimanche 27 juillet 2008 (cliquer sur l'image pour lancer la vidéo)
:
Beaucoup d'espoir, je m'explique :
- Tout d'abord et c'est le principal dans les heures noires que vit le cyclisme, les propos du président d'Amaury Sport Organisation qui explique qu'il choisira lui-même les
participants de ce prochain Tour. Par conséquent, les coureurs qui refuseront de se souscrire au passeport biologique (chose illogique si ils n'ont rien à se reprocher) peuvent déjà cocher
dans leur objectif de juillet 2008, le palpitant Tour d'Autriche.
- Ensuite grâce à un parcours innovant et plus vif que d'habitude grâce à la traversée de trois massifs : Pyrénées, Alpes et Massif Central; et un premier contre-la-montre de seulement
29km. Merci M.Prudhomme,ce parcours correspond parfaitement à ce que je souhaitais.
- Enfin grâce à la suppression du prologue et des bonifications qui va mettre encore plus d'animation dans le peloton, en espérant que cela ne rime pas avec augmentation des chutes.
Passons maintenant au parcours :
Le Tour de France 2008 s'élancera d'une grande terre de cyclisme chère à un respectable journaliste Monsieur Jean-Paul Olivier, la Bretagne. Dès le début ce parcours innove avec
la suppression du prologue au dépens d'une étape en ligne longue de 195km entre Brest et Plumelec. à noter pour le spectacle une arrivée au sommet de la côte de Cadoudal.
Ensuite, Christian Prudhomme a concocté un tracé qui nous évitera de nous morfondre sur notre canapé pendant une semaine. Les 2ème et 3ème étapes seront des parcous de plaines. Dès le
premier mercredi, nous aurons droit au premier grand rendez-vous de ce Tour avec un contre-la-montre de 29km autour de Cholet. 5ème étape : plat. La 6ème étape rimera avec déjà le permier massif
montagneux de ce Tour : une arrivée au sommet à Super Besse au terme d'une montée de 11km à 4,7%. Cette étape de moyenne montagne sera suivi d'une seconde le lendemain en direction
d'Aurillac.
Le second week end du Tour sera également animé avec une étape de plaine le samedi et la première étape de haute montagne le dimanche avec les cols des Ares (6km à 4,9%), de Peyresourde (13.2km à
7,1%) et de l'Aspin (12,1km à 6,6%) au pied duquel sera jugée l'arrivée.
Quelle première semaine !
Et tout cela continue le lundi 14 juillet avec le Tourmalet (17,7km à 7,5%) et le retour de la terrible montée d'Hautacam (14,2km à 7,2%) pour le final de la 10ème étape.
Après ces dix magnifiques premières étapes (dont seulement 5 de plaine), le peloton se reposera le mardi 15 juillet.
Ensuite après une étape de moyenne montagne entre Lannemezan et Foix, les coureurs se reposeront sur trois étapes de plaine pour rejoindre les Alpes.
La 15ème étape, le dimanche 20 juillet marquera le début de la traversée de ce massif avec une arrivée en Italie au sommet de Prato Nevoso (11.,1km à 7,1%).
Lundi 21 juillet : jour de repos avant les deux étapes phares de ce Tour.
Tout d'abord l'étape Cuneo- Jausiers avec les cols de la Lombarde (21,2km à 7%) et de la Bonette-Restefond(26,7km à 6,2%)
Enfin pour conclure en beauté, la dernière étape de haute moyenne ralliera l'Alpe d'Huez (13,1km à 8,6%) par delà le Galibier (20,9km à 5,6%) et le Glandon (29,2km à
5,2%).
Une étape de moyenne montagne le jeudi permettra aux malheureux du Tour de se reprendre un peu. Le grand chrono du Tour long de 53km sera précédé d'une étape de plat
entre Roanne et Montluçon. Enfin les coureurs arriveront sur les Champs Elysées le dimanche 27 juillet pour conclure un Tour qui s'annonce à tous points de vue très agréable à suivre. Espérons-le
en tout cas.
LES ETAPES
5 juillet - Première étape : Brest - Plumelec (195 km)
6 juillet - 2e étape : Auray - Saint-Brieuc (165 km)
7 juillet - 3e étape : Saint-Malo - Nantes (195 km)
8 juillet - 4e étape : Cholet - Cholet (clm, 29 km)
9 juillet - 5e étape : Cholet - Chateauroux (230 km)
10 juillet - 6e étape : Aigurande - Super-Besse (195 km)
11 juillet - 7e étape : Brioude - Aurillac (158 km)
12 juillet - 8e étape : Figeac - Toulouse (174 km)
13 juillet - 9e étape : Toulouse - Bagnères-de-Bigorre (222 km)
14 juillet - 10e étape : Pau - Lourdes-Hautacam (154 km)
15 juillet - Repos à Pau
16 juillet - 11e étape : Lannemezan - Foix (166 km)
17 juillet - 12e étape : Lavelanet - Narbonne (168 km)
18 juillet - 13e étape : Narbonne - Nîmes (182 km)
19 juillet - 14e étape : Nîmes - Digne-les-Bains (182 km)
20 juillet - 15e étape : Digne-les-Bains - Prato Nevoso,Italie (216 km)
21 juillet - Repos à Cuneo, Italie
22 juillet - 16e étape : Cuneo - Jausiers (157 km)
23 juillet - 17e étape : Embrun - L'Alpe d'Huez (210 km)
24 juillet - 18e étape : Bourg d'Oisans - Saint-Etienne (197km)
25 juillet - 19e étape : Roanne - Montluçon (163 km)
26 juillet - 20e étape : Cérilly - Saint-Amand-Montrond (clm,53 km)
27 juillet - 21e étape : Etampes - Paris (143 km)
Réactions recueillies par l'AFP :
Alberto Contador (vainqueur du Tour de France 2007): «Je suis très content. C'est un Tour pour un grimpeur, plus dur que celui de cette année. Avec un prologue et un
contre-la-montre en côte en plus, il aurait touché à l'idéal. J'essayerai de gagner l'étape de l'Alpe d'Huez. C'est une étape mythique dont je rêve. Un peu comme celle du Plateau de Beille cette
année. Je suis très content d'avoir signé pour Astana, a poursuivi Contador. Je m'entends très bien avec Johan Bruyneel. L'an prochain, le Tour de France sera mon principal objectif. On a une
belle équipe qui a tous les atouts pour être au départ.»
Cadel Evans (2e en 2007) : «Je ne peux pas dire si je peux gagner avec ce parcours. Les Pyrénées avant les Alpes, cela ne
fait pas de différence pour moi. Je pense vraiment que c'est la deuxième partie qui va être importante pour le classement général. Je vais plus me concentrer sur cette deuxième partie, comme la
plupart des coureurs intéressés par le général. Même si on peut le perdre dans la première. J'en ai fait les frais l'année dernière. J'aurais pu gagner le Tour, qui sait. L'absence de transfert ?
C'est bon pour tout le monde. Coureurs, journalistes, mécaniciens (rire). Même si je ne le réclamais pas particulièrement. Cela fera plus de temps pour se reposer. C'est une bonne chose pour la
qualité de la course.»
Alain Gallopin (directeur sportif de l'équipe Astana) : «Le premier rendez-vous sera à Hautacam. L'absence de prologue ne
changera pas grand-chose. Le Massif Central ? Cela dépendra de l'équipe qui a le maillot jaune, si elle a les moyens de le défendre. C'est un Tour plutôt favorable aux grimpeurs. C'est bon pour
Contador.»
Francis van Londersele (directeur sportif de l'équipe Cofidis) : «Il a un drôle de dessin mais il est super-beau pour une
équipe comme la nôtre, pour une équipe de baroudeurs. Il laisse beaucoup d'espaces, de possibilités d'attaque. Je pense à des coureurs tels que Duque, Monfort, Moncoutié,
Chavanel...»
Martial Gayant (directeur sportif de l'équipe la Française des Jeux) : «La troisième semaine va faire peur mais c'est la plus
grande course du monde. Il faut resortir le meilleur du lot. Le choix des équipes ? J'espère que les mots seront suivis d'effets. Je me méfie toujours des pressions, surtout politiques.»
Christian Prudhomme (directeur du Tour de France)
Le découpage du Tour 2008 illustre notre
volonté de donner du rythme dès l'entame, tout en ménageant le suspense le plus longtemps possible. Le traditionnel chrono d'ouverture s'efface ainsi au profit d'une étape en ligne pour la
première fois depuis « l'invention » du prologue en 1967. La quête du maillot jaune, à Plumelec, sur les pentes de Cadoudal, n'en sera que plus incertaine - et ouverte à tous, sprinter, puncheur
ou baroudeur. Le contre-la-montre de Cholet, le quatrième jour, développera ensuite près de trente kilomètres, et précédera de peu le premier final en altitude, à Super-Besse, dès le sixième
jour, amorce d'une traversée précoce et remarquée du Massif Central.
Patrice Clerc (directeur d'ASO)
C’est un nouveau départ. C’est un kilomètre zéro pour la lutte contre le dopage. Je veux désormais croire que la majorité des acteurs en ont conscience et l’ont accepté. Dès lors, il faut faire
confiance à la génération de coureurs actuels et ne plus aller chercher telle ou telle réputation ou ressortir des cartons certaines affaires. Nous avons eu des années de dérives plus ou moins
tolérées sur lequel beaucoup ont fait l’autruche et fermé les yeux. Aujourd’hui il y a un nouveau départ. On ne veut pas des tricheurs. Nous voulons que tout le monde prenne conscience que le
cyclisme a changé et qu’il faut faire les choses différemment.
Bernard Hinualt (quintuple vainqueur du Tour et breton)
C'est génial pour la Bretagne. C'est chez nous, sur un beau parcours qui permet aux quatre départements de fêter le Tour de France. La région a mis tout son poids pour avoir ce Grand Départ. On a
la chance de pouvoir compter sur le soutien de toute la France contrairement à ce que veulent croire ou écrire certains. C'est ce qui fait notre force. Christian Prudhomme a fait une réunion
quand il est arrivé et tout le monde a donné son avis. Il a récupéré les idées de tout le monde. Le fait de supprimer les bonifications, de ne pas avoir de prologue, d'avoir une étape de moyenne
montagne dès le début, ça offrira de l'animation. On devrait voir un Tour agréable et avec du piment. Jean-Marie Leblanc a très bien fait les choses pendant 18 ans. Il a porté le vélo à bout de
bras mais quand on arrive, on essaye de trouver de nouvelles choses. Et puis, il se peut très bien que l'année prochaine on retrouve le prologue.
Philippe Gilbert (ESP/Française des Jeux)
C'est plus équilibré. Il y a du moyen et du très dur, c'est mieux que l'an dernier. Il y a plein d'étapes qui peuvent me convenir, où je peux tirer mon épingle du jeu. Concernant l'absence de
transfert, on peut remercier les organisateurs. On va pouvoir profiter pleinement des journées de repos. Arriver le soir à l'hôtel et même passer la journée au lit.
Stéphane Goubert (FRA/AG2R), meilleur français du Tour 2007
Il y a peu de chrono. C'est un plus car cela va réduire les écarts en haut et en bas du classement. Ça va permettre un peu plus de liberté, même si ça peut aussi en freiner quelques uns. Avec un
plus grand chrono, il y aurait eu plus d'écart et plus de liberté. Jusqu'aux premières montagnes, ça sera donc assez cadenassé. Maintenant, il y aura des difficultés tous les jours. Il ne faudra
pas avoir de jour sans. Concernant les transferts, la moindre chose fatigue, si on peut en réduire quelques unes, c'est mieux pour l'épreuve et les coureurs. C'est une autre image du Tour. C'est
bien d'essayer autre chose. Ça change des habitudes : plats, grandes étapes de montagne, transition… C'est plus réparti et c'est pas mal.
Thomas Voeckler (FRA/Bouygues Telecom)
L'année dernière c'était un peu monotone avec quelques échappées pas trop dangereuses et des arrivées au sprint. Là, il y a tout de suite de la moyenne montagne. C'est une première semaine
intéressante et après il y aura pas mal d'étapes courtes et plus nerveuses. C'est plus joli à voir que des étapes longues où il ne se passe rien. Il y aura du suspense dans les Alpes et après ça
sera dur car les Alpes sont très difficiles. Il y a pas mal de changements. D'abord on ne commence pas par un prologue mais une étape en ligne, les kilométrages des contre-la-montre sont réduits,
des étapes plus courtes et donc plus nerveuses, le Massif central dans la première semaine, ça promet. Il y aura de l'animation pendant trois semaines. A la Bouygues Telecom, On aime bien ça.
Nous n'avons pas de grands sprinteurs. D'habitude on a hâte que la première semaine soit terminée, là on aura vite des ouvertures et des possibilités d'échappées. C'est un Tour qui plait bien à
la Bouygues, mais également à beaucoup d'autres coureurs.
Marc Madiot (manageur Française des Jeux)
Christian Prudhomme a une bonne culture du vélo et de la course. Il a tiré des enseignements pour redynamiser tout cela. En tout cas, je sens la touche Prudhomme. C'est quelqu'un qui veut que ça
bouge et qui a envie de s'amuser. Ça me plait. Si je m'appelais Sarkozy, j'aimerais bien ce Tour. C'est un Tour de rupture et d'ouverture. Il n'y a plus de prologue, plus de bonification, plus de
transfert, de la montagne sur tout le trajet. C'est vraiment très bien.
Vincent Lavenu (manageur AG2R)
C’est un Tour piégeux avec beaucoup d’étapes vallonnées. Ces étapes sont difficiles à maîtriser. Les équipes qui auront des ambitions auront du mal à gérer cela. On risque de retrouver une ou
deux échappées phares avec une dizaine de minutes d’avance comme Dessel il y a deux ans. Ça mettra ainsi en avant un nouveau coureur. Le premier massif de montagne est toujours moins difficile
que le deuxième. Mais je pense qu’il y aura des étapes intermédiaires dans le Loth ou en Auvergne qui favoriseront les coups tordus. Dans les Pyrénées, un premier groupe de coureurs se détachera
pour la victoire finale, mais la différence se fera certainement dans l’Alpe d’Huez ou dans celle qui arrivera à Jausiers. Je pense d’ailleurs que tout sera décidé. Maintenant s’il y a deux
leaders ça peut jouer dans le dernier contre-la-montre.