Sport24.com : Gérard, que vous inspire le retour d'Armstrong ?
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Au départ de Reims, la succession de Louison Bobet, triple vainqueur en titre est ouverte. En effet, le natif de St-Méen-le-Grand, mal remis d'une opération ne se présente pas cette année sur la course. Une absence combinée à l'inexorable vieillissement de Fausto Coppi, double vainqueur en 1949 et 1952, Ferdi Kubler, maillot jaune en 1950 et Hugo Koblet, victorieux en 1951, qui fait du grimpeur luxembourgeois Charly Gaul, l'homme à battre.
Dès la première étape, l'équipe de France s'empara du paletot jaune par l'intermédiaire de l'inévitable André Darrigade à Liège. Le coureur landais cédera, pour deux jours, sa tunique au belge Gilbert Desmet à Rouen, avant de la reprendre à Caen au terme d'une étape remportée par Roger Hassenforder. La septième étape entre Lorient et Angers longue de 244km marque le tournant de ce Tour de France 1956. En effet, lors de ce tronçon, un groupe de 31 coureurs dont Roger Walkowiak, coureur de l'équipe Nord Est Centre, l'italien Alessandro Fantini, le français Nello Laurédi et seulement un seul coureur de l'équipe de France Gilbert Bauvin. A l'arrière, le maillot jaune Darrigade est piégé, tout comme le favori des suiveurs Charly Gaul. Après un temps de tergiversation, Marcel Bidot, directeur sportif de l'équipe de France, demande à ses hommes d'organiser une poursuite pour éviter toute mésaventure. Dans un premier temps, celle-ci se montre efficace puisque l'écart se stabilise à quatre minutes mais rapidement les tricolores payent les efforts entrepris depuis le départ du Tour et doivent cesser leur poursuite. L'échappée des 31 va dès lors s'envoler et Fantini, vainqueur à Angers passera la ligne avec 18 minutes 46 secondes d'avance sur le peloton. Le Montluçonnais Roger Walkowiak endosse le maillot jaune et ses prestations de l'année passée en montagne laisse augurer de beaux présages.
Alors que l'équipe de France se déchire entre Bauvin et Darrigade dans l'étape menant à Toulouse, le belge Jan Andrianssen a profité des Pyrénées pour s'emparer du maillot jaune avant de devoir le transmettre trois jours plus tard au hollandais Wagtmans.
L'apogée de ce Tour se situera dans les 250km entre Turin et Grenoble. Sur les pentes de la Croix de Fer et sous un soleil écrasant, Roger Walkowiak décide de se créer un destin. Il s'échappe
avec une obstination incroyable qui fera oser à Michel Clare la comparaison avec le coureur de fond tchèque Emil Zatopek, quadruple champion Olympique, en compagnie de Ockens et Gaul à la
reconquête du maillot jaune. Plus bas, Wagtmans et Andrianssens sont en souffrance et ne peuvent lutter avec le Montluçonnais. Si sur les pentes du Luitel, le luxembourgeois Gaul, qui ramènera
comme l'année d'avant le maillot des grimpeurs, s'en va chercher enfin une victoire d'étape dans ce Tour, Walkowiak a réussi son coup et récupère le maillot de leader, les larmes aux bords des
yeux. « Walko » s'impose à Paris, après une dernière étape escamotée par les premiers du général et remportée sur le vélodrôme du Parc des Princes par l'italien Gastone Nencini.
La victoire de Roger Walkowiak suscite malheureusement beaucoup de critique et semble sous estimer par les suiveurs. En effet, on lui reproche de n'avoir remporter aucune étape, d'avoir profiter des tensions présentes au sein de l'équipe de France, ce qui vaut d'ailleurs ce commentaire à Marcel Bidot : « Si Darrigade avait épaulé Bauvin au lieu de recherché la victoire, Bauvin aurait gagné le Tour... » et surtout d'avoir profité d'une absence de combativité de ses adversaires (Bauvin et Adrianssens) durant les 330km de la dernière étape de ce Tour. Enfin, le Tour 1956, c'est aussi le panache de l'atypique alsacien Roger Hassenforder, vainqueur de quatre étapes à Caen, Bordeaux, Montpellier et Montluçon.
Carlos Sastre, vainqueur du Tour de France 2008, a réalisé une montée étonnante sur
l'Alpe d'Huez, avec un début d'ascension très rapide à 500 watts. Une des meilleures ascensions de sa carrière, dignes de celles de Ricco et de Piepoli dans les Pyrénées. Analyse des performances
alpestres.
Collaboration de Frédéric Portoleau
Analyse extraite de l'excellent site cyclismag
Trois étapes dans les Alpes au programme des coureurs pour cette édition 2008 du Tour de France. Deux arrivées inédites à Prato Nevoso et à Jausiers avec des passages au col Agnel, de la Lombarde
et de la Bonette. Un grand classique pour conclure avec l'enchainement Galibier, Croix de Fer et Alpe d'Huez.
-Le vent souvent violent en altitude au dessus de 2000m ne nous a pas permis d'évaluer la puissance sur toutes les ascensions.
15ème étape EMBRUN-PRATO NEVOSO
Tout de suite résumé de l'étape (cliquer sur l'image)
4 coureurs prennent les devants en début d'étape dans la vallée avant le début de l'ascension du col Agnel : Martinez, Gerrans, Arrieta et Pate. Ils franchissent le sommet du col avec plus de 12 minutes d'avance sur le peloton. Nous n'avons pas estimé la puissance dans le col Agnel en raison d'un vent violent.
Les échappés vont conserver suffisamment d'avance sur les favoris du Tour pour se disputer la victoire d'étape. Gerrans l'emporte devant Martinez en développant une puissance moyenne de 376 watts sur la dernière ascension vers Prato Nevoso.
A 25 km de l'arrivée, l'équipe CSC accélère l'allure en tête du peloton avec Cancellara puis Andy Schleck. A Miroglio, à 8,5 km du sommet, la sélection est faite et seuls 10 coureurs peuvent suivre Andy Schleck. Après plusieurs tentatives d'échappée, la plus sérieuse étant l'œuvre de Menchov qui chute en pleine montée dans un lacet, Kohl, Sastre, Valverde et Menchov parviennent à prendre le large dans les deux derniers kilomètres. Kohl et Sastre devancent de quelques secondes Valverde au sommet de Prato Nevoso. A l'arrière, Fränk Schleck parvient à prendre quelques secondes à Cadel Evans. Il lui ravit le maillot jaune.
Kohl et Sastre ont développé une puissance moyenne de 423 watts sur une durée de 24 minutes. Kohl maintient la même puissance étalon qu'à Hautacam sur une pente moyenne équivalente mais sur une durée un peu plus courte. Mais le rythme a été très soutenu dans les premiers faux-plats de l'ascension dans les roues de Cancellara puis de Voigt. L'étape a été courue avec de mauvaises conditions atmosphériques. Le franchissement du col Agnel en début d'étape à plus de 2700m dans le vent et le froid a dû entamer les réserves des coureurs. Cependant, le peloton s'est accordé une baisse de rythme au cours de la longue approche descendante vers Prato Nevoso. L'Autrichien a donc conservé à peu près le même potentiel physique que dans les Pyrénées. Sastre pour sa part a réalisé une meilleure montée qu'à Hautacam. Mais lors de cette dernière ascension, le jeu d'équipe l'avait finalement contraint à ne pas donner le maximum et à rester auprès d'Evans. Les Saunier Duval retirés de la course, Sastre et Kohl s'affirment comme les meilleurs grimpeurs en ce début de traversée des Alpes. Evans a été au même niveau qu'à Hautacam. Il confirme sa grande régularité mais aussi ses limites en montagne.
Pour des durées d'ascension de 20 à 30 minutes, nous avons régulièrement mesuré depuis 1994 des puissances supérieures à 450 watts. Kohl et Sastre sont par exemple restés à un niveau 40 watts inférieur aux montées d'Ax Bonascre ou de La Mongie entre 2001 et 2004.
Danny Pate, qui faisait parti de l'échappée, roulait avec un capteur de puissance. Ses données sont disponibles sur : www.saris.com . Il a gravi la dernière ascension depuis Mondovi (20 km) à 355 watts de moyenne à 5,05 watts.kg-1. Sa dépense en énergie mécanique pour toute l'étape a été de 5100kJ. Il pèse 70,3 kg et correspond à peu près à notre étalon de 78kg avec vélo. Nous avons estimé pour le coureur Américain une puissance de 374 watts sur les 11 derniers kilomètres. La valeur calculée est un peu supérieure pour deux raisons. Les coureurs échappés ont fourni un effort plus important sur la fin du col et notre référence est un capteur de puissance placé sur le pédalier http://www.srm.de tandis que Pate roulait avec le système PowerTap http://www.powertap.fr/ installé dans le moyeu de sa roue arrière.
16ème étape CUNEO-JAUSIERS
L'étape en trois minutes et en espagnol. (cliquer sur l'image)
Allure rapide en début d'étape. Un groupe de 5 coureurs avec Schumacher, Voeckler et Le Mével, Dumoulin et Rosseler aborde en tête le col de la Lombarde après 50 km de course. Ils possèdent 40 secondes d'avance sur un autre groupe de 24 coureurs avec la présence de Popovych et de Dessel. Le peloton passe au pied du col avec un retard de 4min25s.
A l'avant, l'Allemand Schumacher part seul sur des pentes à 10% qui ne l'avantagent pas. Il réalise le meilleur temps de la montée en 59min10s à 380 watts de moyenne. Derrière, le peloton, emmené par O'Grady de l'équipe CSC, choisi de monter au train à une puissance moyenne de 345 watts. Schumacher creuse donc l'écart et reprend cinq minutes au peloton sur la totalité de la montée. Un autre groupe avec Cunego, Casar et Moncoutié part en contre attaque et ne concède que 40 secondes à Schumacher.
Compte tenu de son gabarit, Schumacher réalise une très bonne performance pour un col en début d'étape à 7% de pente moyenne. Au sommet, Schumacher passe avec une avance de 2min10s sur Le Mével, 4min25s sur le groupe Popovych, 5min05s sur le groupe Cunego et 9min25s sur le peloton.
Schumacher est toujours seul en tête à Saint Etienne de Tinée au pied du col de la Bonette. Il possède 3min45s sur Le Mével, 4min10s sur un groupe de 30 coureurs et 11min45s sur le peloton. Le vent est favorable dans la première partie de l'ascension. Schumacher résiste encore sur ces premières pentes à 5-6%. Il a encore 3 minutes d'avance sur le groupe de contre attaque à 15 km du sommet.
Un peu avant Bousiéyas, la pente devient plus sévère. Schumacher faiblit. Dans les lacets menant au camp des Fourches à 2270m, il va perdre 3 minutes en 8 km sur le groupe de contre attaque emmené par Dessel et Valjavec. L'Allemand paye sa forte dépense énergétique dans l'ascension du premier col de la journée: 1h à 380 watts.
Le groupe de contre attaque perd des unités. Il ne reste plus que Popovych, Voigt, Portal, Siutsou, Augustyn, Dessel, Valjavec et Casar. A l'arrière, le peloton accélère et 8 coureurs s'isolent: Evans, Sastre, F.Schleck, A.Schleck, Valverde, Kirchen, Kohl, et Menchov. Vande Velde est la principale victime du jour. Sur la portion du col entre Le Pra et le camp des Fourches, le peloton développe une puissance moyenne de 400 watts tandis que le groupe Dessel se maintient à 357 watts.
Le vent de face devient violent au dessus de 2300m et décourage alors les attaquants potentiels. Nous ne calculerons donc pas la puissance sur la fin du col. Schumacher est rejoint puis Augustyn passe en tête au sommet devant Dessel, Casar et Popovych. Kohl passe devant les autres favoris du tour à 1min45s d'Augustyn. Il réalise le meilleur temps de l'ascension de la Bonette en 1h08min13s.
Dessel remporte l'étape à Jausiers devant Casar. En raison du vent de face, les favoris du Tour se sont observés sur la montée de la Bonette. Une étape quelque peu escamotée par les meilleurs coureurs du Tour de France. La performance du jour est à mettre à l'actif de Schumacher sur le col de la Lombarde. Mais cela s'est avéré comme une erreur tactique de partir seul devant si loin de l'arrivée. Dessel a mieux géré son étape.
17ème étape EMBRUN-L'ALPE D'HUEZ
Repartons de l'autre côté des Pyrénées pour un nouveau résumé. (cliquer sur l'image)
Une échappée à 4 se dessine rapidement avec Di Grégorio, Schumacher, Velits et Perez. Ils passent en tête au sommet du premier col de la journée le Galibier avec une avance relativement réduite de 4min45s sur le peloton. Ce dernier l'a gravi à une allure inférieure à 20 km/h depuis le Lautaret. Le rythme s'est accéléré dans le dernier kilomètre avec un Kohl très actif pour empocher les points du grand prix de la montagne. Comme pour la cime de la Bonette et le col Agnel, nous ne calculerons pas la puissance en raison du vent fort qui soufflait à proximité du sommet.
Di Grégorio est lâché par ses compagnons d'échappée dans la descente du Télégraphe puis sera dépassé par le peloton dans la montée du col de la Croix de Fer.
A l'avant, Velits lâche Perez puis Schumacher à Saint Sorlin à 7 km du sommet du col de la Croix de Fer. Il se retrouve seul en tête.
Derrière, l'équipe CSC prend la course en main au pied du col de la Croix de Fer. Cancellara imprime une allure rapide à 390 watts dans les premiers kilomètres jusqu'au carrefour avec la route de La Toussuire. Puis, toujours en tête du peloton, il produit un effort de 410 watts pendant 15 minutes au plus fort de la pente à 9%. Après une courte descente pas de relâchement: le Suisse roule à 31 km/h de moyenne sur les pentes à 4% avant Saint Sorlin (7 km en 13min30s). Il y a alors moins de 30 coureurs dans le groupe Maillot Jaune.
Arvesen prend le relais du Suisse à la sortie de Pierre Aigüe mais en fait les CSC temporisent sur la fin du col. Cela permet le retour de quelques coureurs. La puissance moyenne du groupe Maillot jaune se situe à 380 watts entre Saint Sorlin d'Arves et le col. Velits passe en tête au sommet avec 1min11s d'avance sur Kohl et le peloton maillot jaune.
Kohl vient de réaliser le meilleur temps de l'ascension de la Croix de Fer en 1h11min45s depuis le centre de Saint Jean de Maurienne. Nous n'avons pas calculé la puissance sur la totalité du col car il y a des portions de descente et des faux plats. Cancellara a été très impressionnant au cours de cette ascension avec un long passage à 410 watts sur des pentes à 9% ce qui est beaucoup compte tenu de son gabarit de rouleur.
Pineau attaque dans la descente de la Croix de Fer et rejoint Velits peu avant le barrage du Verney. Les deux hommes de tête possèdent 1min10s seulement d'avance sur un peloton de 36 coureurs au pied de l'Alpe d'Huez. Les deux fuyards seront assez rapidement dépassés par Carlos Sastre et les autres favoris du tour lors de l'ascension finale.
Carlos Sastre attaque dès le pied de l'ascension. Personne ne peut suivre. Il développe jusqu'à La Garde, après 2,45 km de montée, une puissance moyenne de 500 watts. Il passe en 7min28s à 23 secondes du temps de référence de Pantani (7min05s en 1995). Avec ses 60kg annoncés, Sastre a un avantage sur des pentes à 10% mais moins que Pantani qui devait peser 56kg. Dans le groupe maillot jaune, le rythme est saccadé avec de nombreuses accélérations suivi de ralentissements. A la Garde, le groupe Schleck a 22 secondes de retard sur Sastre.
Malgré un début d'ascension très rapide, Sastre maintient une puissance moyenne de 450 watts jusqu'à la Chapelle Saint Férréol après 7,35 km de montée. Dans le même temps, le groupe Schleck/Evans ralenti et perd du temps. L'Espagnol a alors 1min38s d'avance et passe dans un temps de 21min55s à 55s du meilleur temps d'Armstrong à cet intermédiaire (2001).
Ce n'est qu'après le passage sous la banderole « 5km » que Sastre faiblit un peu. Mais quelques rafales d'un vent fort, parfois de face, freinent aussi la progression des coureurs. Sastre remporte l'étape avec plus de 2min d'avance sur Sanchez et Andy Schleck et un peu plus encore sur les autres favoris du Tour. Il prend le maillot jaune à son coéquipier Fränk Schleck. Dans le groupe maillot jaune, tout le monde a remarqué l'aisance d'Andy Schleck qui a contrôlé toutes les attaques.
Sastre est bien entendu le plus rapide sur l'ensemble de la montée. Avec 39min30s, il n'améliore pas sa « meilleure marque » de 39min01s en 2006. Sa puissance moyenne sur l'ensemble de l'ascension, un peu sous évaluée en raison des rafales de vent sur la fin, s'établit à 430 watts. La performance de Sastre est du même niveau que celle de Piepoli et Cobo à Hautacam. La puissance moyenne est légèrement plus basse mais l'étape était plus longue et nous sommes dans la troisième semaine du Tour de France. Le groupe Evans a développé 403 watts de moyenne.
Les temps de passage sur la montée de l'Alpe d'Huez :
Historique des temps d'ascension sur l'Alpe d'Huez
Etapes longues avec plusieurs cols à gravir :
Etapes courtes ou montées sèches :
A retenir :
-Nous avons l'habitude de compter le nombre de coureurs ayant une moyenne supérieure à 410 watts pour les dernières ascensions des étapes. Cette année, 3 coureurs dépassent cette limite: Sastre, Schleck F. et Kohl. L'année dernière, nous avions eu 5 coureurs à plus de 410 watts: Contador, Rasmussen, Leipheimer, Soler et Evans. Sastre réalise un aussi bon tour de France qu'en 2006 avec 415 watts de moyenne. Sastre apparaît moins fort en montagne que Contador, Rasmussen et Soler. Les accélérations dans les cols sont moins spectaculaires que l'année dernière (duels Contador/Rasmussen). Cependant Ricco dans l'Aspin et Sastre à l'Alpe d'Huez nous ont gratifié d'attaques tranchantes.
-Performance étonnante de Sastre sur l'Alpe d'Huez avec un début d'ascension très rapide à 500 watts. Une de meilleures ascensions de sa carrière avec La Mongie et le contre la montre de l'Alpe d'Huez en 2004. Mieux que Joux Plane en 2006. Sa performance est du même acabit que celles de Ricco et de Piepoli dans les Pyrénées.
-Sastre ne semble pas fatiguer après plusieurs ascensions. En 2004, il avait gravi l'Alpe d'Huez en 39'57'' lors du contre la montre et 39'30'' cette année à la fin d'une étape de 210 km après deux grands cols. Il avait même fait 39'01' en 2006. En parallèle, Moncoutié et Goubert avaient gravi la montée de l'Alpe lors du contre la montre respectivement en 39'56'' et 39'58''. Cette année, ils n'ont pu faire mieux que 44'27'' et 43'30''. L'effet de la fatigue est clairement visible pour ces deux coureurs au contraire de Sastre.
-Evans apparaît au même niveau que l'année dernière (407 watts de moyenne). Il n'a pas trop amélioré sa condition physique depuis le Dauphiné Libéré au contraire de Sastre. L'Espagnol avait terminé 20ème seulement de cette épreuve.
-Vande Velde (32 ans) n'a jamais été aussi fort. Mise à part un moment difficile dans la montée de la Bonette, il a confirmé ses performances des Pyrénées.
-Excepté Sastre, et les Sauniers Duval dans les Pyrénées, peu de différence de niveau entre ceux qui terminent dans les 10 premiers du général. Nous avons souvent eu ensemble dans les cols des coureurs ayant des niveaux très proches les uns des autres. L'aspect tactique a influencé plus que les autres années les temps d'ascension.
-Les Français : Goubert a fait un très bon tour de France, un peu moins bon dans les Alpes que dans les Pyrénées. Finalement, on pourrait le situer à peu près au même niveau qu'en 2004.
Bon Tour de France de Casar, à un niveau légèrement inférieur au Tour d'Italie 2006 (6ème au classement général).
Moncoutié était plus performant dans les Alpes en étant présent à l'avant lors de l'étape de Jausier puis a réalisé une belle ascension de l'Alpe d'Huez. Dessel a remporté une belle étape de montagne mais son niveau apparaît moins constant qu'en 2006.
(*)Etalon de 78 kg avec vélo Nous ne calculons pas la puissance réelle développée par les coureurs. Celle-ci dépend entre autre de la masse à élever pour vaincre la pente. Le poids des coureurs n'est pas toujours connu avec précision le jour de la mesure. Ils peuvent se déshydrater en cours d'étape et perdre quelques kilogrammes. Le nombre de bidons portés est variable. Pour toutes ces raisons, nous préférons calculer la puissance d'un « coureur étalon » de 70 kg avec un équipement de 8 kg. Cette valeur est utilisée pour faire nos comparaisons.
Pyrénées : Un record mais des performances moins fortes
Les premières étapes du Tour 2008 ont montré des performances toujours élevées, même si
les puissances des années précédentes n'ont pas été égalées. Riccardo Ricco, dont on a appris depuis le contrôle positif à l'EPO, a tout de même battu le record de l'ascension d'Aspin. Analyse
des performances.
Collaboration de Frédéric Portoleau
Juillet 1996, le Danois Bjarne Riis remporte l'étape d'Hautacam et consolide son maillot jaune. Il réalise ce jour là une performance athlétique qui a marqué l'histoire du cyclisme. Il a pu enrouler le grand plateau sur les dernières pentes à 8%. En watts, cela s'est traduit par une puissance étalon de 78 kg avec vélo de 480 watts. Nous savons aujourd'hui que cette performance n'a pas été réalisée uniquement à l'aide de moyens naturels.
Les coureurs retrouvaient cette ascension redoutée à la fin de la dixième étape. En plus de la montée d'Hautacam, nous proposons une analyse des performances réalisées sur les cols de Peyresourde et d'Aspin pour la 9e étape et du légendaire col du Tourmalet escaladé avant Hautacam au cours de la dixième étape.
Les conditions de mesures de puissances ont été acceptables avec un vent souvent favorable dans les ascensions mais relativement faible (moins de 10 km/h). Dès lors, l'erreur maximale des chiffres de puissance est de l'ordre de 10 watts.
9e étape - TOULOUSE-BAGNERES DE BIGORRE
Voici un petit aperçu de l'étape (cliquer sur l'image)
Col de Peyresourde
Trois coureurs s'échappent en début d'étape : Lang, Kuschynski et Nicolas Jalabert. Ils débutent le col de Peyresourde avec une avance de 9'10" sur le peloton. Derrière, le peloton grimpe les premières pentes sur un rythme soutenu, pour un premier col loin de l'arrivée, à 400 watts. La sélection se fait par l'arrière. A 6 km du sommet, le peloton maillot jaune est encore composé de 80 coureurs. A l'avant, Lang s'échappe seul. Il passe en tête du col après une ascension à 365 watts de moyenne en 37'45". Le peloton passe en 17'15" sur le pont à la sortie de Garin à 5,8 km du sommet. Derrière, Monfort et De la Fuente partent alors en contre attaque. Ils accélèrent et fournissent une puissance de 425 watts pendant 16'. Le peloton se maintient à peu près au même rythme jusqu'au sommet et concède 40". De La Fuente réalise le meilleur temps de la montée en 33'35" depuis notre point de référence après 500 m de montée. Sa puissance moyenne est de 415 watts, ce qui est important pour un col en cours d'étape. Le peloton a maintenu une puissance moyenne de 406 watts. 70 coureurs environ ont pu suivre ce tempo.
Le record de la montée n'est pas amélioré puisque Mayo et Vinokourov avaient escaladé le col de Peyresourde en 31'10" en 2003 (445 watts). Cette année là, l'arrivée se situait à Loudenvielle quelques kilomètres après le sommet.
Col d'Aspin
Au pied du col d'Aspin à la sortie d'Arreau, Lang possède encore 2'40" d'avance sur Kuschynski, 4'45" d'avance sur Sanchez, Monfort, De la Fuente et Jalabert et 5'55" sur le peloton principal.
En tête du peloton un membre de l'équipe Euskaltel entame le col sur un rythme très rapide. Le peloton reprend assez rapidement Nicolas Jalabert qui n'a pas pu suivre ses compagnons d'échappé. Les quatre premiers kilomètres sont avalés par le peloton en 8 minutes à 30 km/h de moyenne. Cette portion de l'Aspin a une pente moyenne de 5,1% avec un seul passage difficile après le premier pont traversé. Les tentatives d'échappée se multiplient. De nombreux coureurs profitent encore de l'aspiration pour suivre. A ce rythme le coureur qui prend la tête du groupe doit développer une puissance moyenne d'environ 490 watts. Dans les roues d'un peloton occupant toute la largeur de la route et à 30 km/h, le gain de puissance peut aller jusqu'à 20%, soit 100 watts.
A 5 kilomètres du sommet, sur des pentes à 10%, le passage le plus ardu de l'Aspin, Ricco place un démarrage impressionnant. Personne ne peut suivre. L'Italien maintient une allure rapide et déborde facilement le groupe Monfort/Sanchez. Sa puissance moyenne atteint 445 watts pendant 21 minutes sur la dernière portion du col. Après l'attaque de Ricco, le peloton ralenti et se maintient à une puissance de 415 watts. L'Italien dépasse le dernier rescapé de l'échappé matinale Lang avant le sommet du col. Ricco a en 5 km creusé un écart de 1min16s sur les autres favoris du Tour de France. Ces derniers ont visiblement préféré ne pas produire trop d'efforts en vu de la descente vent de face en direction de Bagnères de Bigorre. Ricco ne perd presque pas de temps dans la descente et remporte l'étape à 39,6 km/h de moyenne.
Ricco établi une nouveau temps de référence pour le col d'Aspin depuis Arreau en 29'20" à presque 26 km/h de moyenne. Le précédent « record » était détenu par Rasmussen qui gravi le col d'Aspin en 30'10" en 2004 juste devant un peloton de 40 coureurs emmené par l'équipe US postal. L'étape se terminait à La Mongie.
L'amélioration du record de l'Aspin provient du fait que c'est la première fois que ce col est escaladé si près de l'arrivée d'une étape. Les coureurs fournissent généralement un effort maximal sauf pour des raisons de tactiques de course.
Néanmoins, les pentes de ce col (6%) ne favorisaient pas spécialement un petit gabarit comme Ricco. Sa puissance moyenne de 445 watts se situe à 15 watts des meilleures ascensions de Lance Armstrong. La performance est marquante après 180 km de course. 40 coureurs environ ont pu enchaîné deux cols assez longs de 30' à plus de 400 watts. Le niveau d'ensemble apparaît encore élevé sur cette première étape pyrénéenne.
10e étape - PAU-HAUTACAM
Pour commencer petit aperçu de l'étape (cliquer sur l'image)
Col du Tourmalet
Le début de l'étape est marqué par une longue course poursuite entre le peloton et un groupe de 24 coureurs. Dans les environs de Bagnères de Bigorre le peloton décide enfin de ralentir son allure, une fois Popovych rejoint. Des rescapés de la première échappée en profitent pour prendre le large. Au pied du col du Tourmalet, 7 coureurs mènent la course. Il s'agit de Di Gregorio, Duque, Cancellara, Dupont, Fothen, Freire, et Roy. Ils possèdent 45" d'avance sur Bichot et 9'10" sur le peloton à Sainte Marie de Campan.
Dès la sortie de Gripp, à 12 km du sommet, Di Grégorio part seul devant et creuse l'écart sur ses compagnons d'échappée. Il réussi une belle ascension à 370 watts de moyenne. A l'arrière, l'équipe CSC prend la course en main et imprime un rythme soutenu à 390 watts.
A La Mongie, à un peu plus de 4 km du sommet, le peloton est encore composé de 35 coureurs. Puis Voigt accélère l'allure en tête du peloton. De nombreux favoris sont lâchés: Cunego, Valverde, Kreuziger, Nibali. Voigt réalise une fin de montée très rapide à 405 watts depuis La Mongie. Di Gregorio passe seul en tête avec 6 minutes d'avance sur le groupe Voigt et 6'45" sur le groupe Valverde.
Les 14 coureurs du groupe Voigt viennent d'escalader le Tourmalet depuis Gripp en 40'35" à 18,6 km/h de moyenne. Le record de la montée (Armstrong et Ullrich: 38'43" en 2003) n'est pas amélioré. Les conditions de course étaient acceptables cette année sans chaleur et par vent légèrement favorable. La puissance moyenne de Voigt depuis Gripp s'établit à 397 watts. La performance est de taille. Le rouleur Allemand pèse plus de 75 kg, bien au delà de notre étalon de 70 kg. La consommation maximale d'oxygène diminue avec l'altitude. Suivant les individus, elle peut baisser de 5 à 10% vers 2000 m. Ajoutons que le groupe Voigt n'a fait que 45" de plus que Pantani en 1994. L'Italien était parti en contre attaque derrière Virenque.
Pour éviter le retour du groupe Valverde, l'équipe CSC se déchaînent dans la vallée menant à Hautacam. Voigt et Cancellara effectuent des relais très appuyés. Le groupe Valverde accuse un retard de 2'35" au pied de la dernière ascension.
Montée d'Hautacam
Le début d'ascension est rapide à 465 watts dans la roue de Jens Voigt. Di Gregorio est rejoint après 1 km de montée. Dès Arbouix, les attaques se multiplient: F. Schleck deux fois, Piepoli, Cobo et Sastre. Après 2,5 kms de montée, F. Schleck et Piepoli partent devant et sont rejoint un peu plus haut par Cobo Acebo. Le rythme baisse alors dans le groupe des favoris du Tour: Evans, Sastre et Menchov marquent un temps d'observation à 365 watts de moyenne pendant 7 minutes jusqu'à Artalens. Au contraire, les trois coureurs de tête F. Schleck, Piepoli et Cobo maintiennent un rythme élevé à 435 watts sur la même portion puis accélèrent à 450 watts entre Artalens et le lacet à 980 m d'altitude. Ils creusent l'écart. Les 3 hommes de tête ralentissent leur allure sur la fin du col, ils parviennent quand même à se maintenir sur un rythme de 425 watts sur les 6 derniers kilomètres. Derrière, le groupe Evans-Menchov-Sastre ne peut faire mieux que 410 watts sur les 9 derniers kilomètres de la montée. F. Schleck faiblit sur la fin et doit laisser partir les deux coureurs de l'équipe Saunier Duval sur la dernière portion raide à 2,5 km du sommet. Piepoli remporte l'étape devant Cobo.
Piepoli vient d'escalader la montée d'Hautacam en 37'30" à 22 km/h et à 439 watts de moyenne. La performance est équivalente à celle de Ricco la veille sur le col d'Aspin. Piepoli concède 2'55" au temps de référence de Bjarne Riis de 1996 (34'35") et 2'08" au temps de Luc Leblanc de 1994 (35'22"). En 1994 et 1996 les coureurs n'avaient pas de cols à escalader avant Hautacam et les vélos pesaient en moyenne 2 kg de plus. Mais sur une montée comme Hautacam 2 kg économisé sur le vélo procure un avantage de 40" (ou 10 watts) seulement pour notre étalon de 78 kg avec vélo. L'étape du Tour de France 2008 ressemble plus pour le profil à celle du Tour 2000 se terminant également sur les hauteurs d'Hautacam. La comparaison apparaît plus judicieuse. Lance Armstrong avait gravi la montée en 36'25" soit 1'05" de moins que Piepoli. Justement, voici quelques extraits de la montée de l'américain en 2000. Cliquez sur l'image pour vous écoeurez.
Par rapport aux années 1994-1998, les performances ne sont plus tout à fait les mêmes aujourd'hui. En performance maximale sur une montée de col, il y a 30 à 40 watts de différence.
À RETENIR
● Deux équipes au dessus du lot : CSC et Saunier Duval
● Deux performances hors normes à 440 watts sur 30 minutes ou plus en fin d'étape de montagne. Ricco bat le record de la montée d'Aspin puis résiste seul face au vent dans les faux plats descendants menant à Bagnères de Bigorre. Piepoli n'a pas semblé être à fond sur la fin de la montée d'Hautacam en discutant avec son coéquipier Cobo.
● Jens Voigt le « poids lourd » nous a reproduit le coup du Tour d'Allemagne dans le Tourmalet. L'Allemand a remporté deux fois de suite son tour national en dominant les grimpeurs dans la montagne. Il avait développé 385 watts en puissance étalon lors de la montée vers les glaciers de Solden en 2007. A presque 37 ans, il n'avait jamais réalisé un tel numéro en montagne lors du Tour de France.
● Vande Velde la surprise de l'équipe Garmin : il n'a jamais été à un tel niveau à 32 ans.
LES FRANÇAIS
Les trois meilleurs Français ont été Stéphane Goubert, Rémy Di Grégorio et Sandy Casar, les seuls présents à l'avant de la course deux jours de suite.
Stéphane Goubert : à 38 ans, le meilleur Français dans les Pyrénées. dans le groupe des favoris à Bagnères puis 12e à Hautacam avec 408 watts de moyenne. Décroché sur la fin du Tourmalet, il est revenu dans la descente. Il a presque tenu jusqu'au sommet le rythme de Voigt. Il a enchaîné les montées de cols entre 400 et 415 watts.
Il avait réalisé ses meilleurs Tour de France en 2002 et 2004, en terminant respectivement 17e et 20e au classement général. Au niveau des puissances développées, c'est en 2004 qu'il a été le plus fort avec 391 watts à La Mongie, 370 watts au Plateau de Beille et 420 watts au contre la montre de l'Alpe d'Huez (39'58" pour la montée).
Après un bon Tour d'Espagne 2007 (13e au général), Goubert n'a jamais semblé aussi fort que cette année. Mais attendons les Alpes pour tirer un bilan définitif.
Rémy Di Grégorio : 26e à Bagnères dans le peloton des favoris puis 375 watts lors de son échappée en tête dans le Tourmalet. Il a fléchi lors de la dernière montée vers Hautacam. Il progresse régulièrement depuis ses débuts professionnels. Il n'a que 23 ans, sa marge de progression doit être encore importante.
Sandy Casar : A l'avant lors de l'étape de Bagnères et 21e à Hautacam (390 watts). Il a effectué une bonne traversée des Pyrénées. Attendons les Alpes pour savoir s'il reproduit sa performance
d'ensemble du Tour d'Italie 2006 (390 watts de moyenne).
Cyril Dessel : 3e à Bagnères de Bogorre, avec 415 watts dans le col d'Aspin et 406 watts au col de Peyresourde. Sur cette étape il a retrouvé son niveau de 2006 (415 watts à l'Alpe d'Huez, 400
watts à La Toussuire). Termine très loin le lendemain à plus de 24 minutes.
David Moncoutié : en baisse, lâché dans le Tourmalet après La Mongie, il n'a plus son niveau de 2002-2004. Ses deux graves chutes ont probablement affecté son potentiel en montagne.
Ces dernières années, les meilleurs Français en montagne ont été Christophe Moreau et John Gadret. Ils ont abandonné avant les Pyrénées. John Gadret fut particulièrement brillant au Tour d'Italie 2006 : 430 watts au Monte Bondone. Moreau a été parmi les meilleurs dans les Alpes l'année dernière. On se souvient de ses multiples démarrages dans la montée de Tignes. Il a remporté aussi le Dauphiné Libéré avec une montée rapide du col du Télégraphe à 428 watts.
(*)Etalon de 78 kg avec vélo
Nous ne calculons pas la puissance réelle développée par les coureurs. Celle-ci dépend entre autre de la masse à élever pour vaincre la pente. Le poids des coureurs n'est pas toujours connu avec précision le jour de la mesure. Ils peuvent se déshydrater en cours d'étape et perdre quelques kilogrammes. Le nombre de bidons portés est variable. Pour toutes ces raisons, nous préférons calculer la puissance d'un « coureur étalon » de 70 kg avec un équipement de 8 kg. Cette valeur est utilisée pour faire nos comparaisons.
Samuel Sanchez succède à Paolo Bettini au terme d'une course exigeante dans l'étuve de Pékin (+ 80% d'humidité). L'espagnol de l'équipe basque Euskaltel a réglé un groupe de six coureurs lors du
sprint final disputé sur une portion légèrement pentue. Il devance l'italien Davide Rebellin et le surpuissant suisse Fabian Cancellara revenu de l'arrière une première fois avec Valverde puis
une seconde à 5km de l'arrivée. Andy Schleck grand animateur de la course et très certainement le plus fort aujourd'hui ne termine que cinquième derrière l'étonnant Kolobnev, déjà vice champion
du monde 2007 et deuxième de la Classica San Sebastien la semaine dernière; et devant l'australien Michael Rogers. Jérôme Pineau termine premier français à la quatorzième place.
Encore une fois, on peut constater que les coureurs de la CSC n'ont pas déçu puisqu'on en dénombre trois (Schleck, Cancellara et Kolobnev) dans les cinq premiers dont deux ont
particulièrement impressionné...
Déjà l'an dernier à Stuggart, la CSC avait placé deux de ses coureurs dans les quatre premiers de la course en ligne (Kolobnev deuxième et Frank Schleck quatrième); et Cancellara
avait conservé le titre sur le chrono et il y a deux ans Cancellara donc, Zabriskie et Vandborg prenait la première, deuxième et quatrième place du championnat du monde du chrono
(Vandborg à seulement 4" de Vinokourov qui venait de remporter la Vuelta dans les conditions qu'on sait). On notera que Vandborg à 27ans désormais n'a remporté qu'une seule fois le titre de
champion du Danemark du contre-la-montre dans sa carrière.
Comme je l'ai déjà écrit omniprésence génante...
Vous me direz que je m'acharne sur la formation danoise, que cela frise la paranoïa, que le ridicule n'est plus très loin. Malheureusement, je n'invente rien, je me nourris simplement de faits,
de constatations, de calculs de spécialistes. J'essaye d'apporter un jugement juste sur les performances des coureurs. Je ne vois pas pourquoi on met au banc Contador suite à ses
accélérations successives sur les ultimes rampes de Peyresourde alors qu'on ne cesse de louer l'élégance, l'aisance d'Andy Schleck qui a été pourtant aussi écoeurant que
l'espagnol sur le Giro 2007. La différence entre les deux performances est que l'une fut plus visible que l'autre. Ainsi, sur le tour d'Italie, Andy Schleck n'a pas rayonné sur la course
comme l'a fait Contador. Le luxembourgeois s'est fondu au milieu des italiens Di Luca, Mazzoleni, Ricco, Piepoli, Simoni...
Pourtant le contexte parait assez semblable puisque pendant que Rasmussen, seul compagnon d'ascension de Contador, est exclu du Tour suite à de forts soupçons de dopage; Mazzoleni
est pris par la patrouille, Di Luca, qui se découvre à la trentaine passée comme un homme de grands tours et qui est englué depuis quelques temps dans de sombres affaires; enfin, on notera
les quatre contrôles "non négatifs" de Di Luca, Mazzoleni, Ricco et Simoni à la suite de l'étape du Monte Zocolan pour des taux hormonaux anormalement bas.
Voilà, donc à 21ans, Andy Schleck malgré tout cela est capable de finir deuxième de ce Giro.
A chacun de se faire sa propre opinion plutôt que de suivre les effets de mode.
Après quelques mois d'absence et pas des moindres puisque mon blog a passé sous silence le Tour de France 2008, quelques événements imprévus m'amènent à en reprendre le cours.
Tout d'abord, je m'explique sur cette très longue absence. Tout d'abord dû à un début d'année mouvementée, mon silence trouve ses racines dans un certain désenchantement. Passionné de vélo
depuis tout jeune au tournant du millénaire, j'ai longtemps résisté au "tous dopés", j'avais envie de croire aux champions, en ces forçats de la route. Bien sûr, aujourd'hui je ne suis
pas tombé du côté de l'opinion simpliste et méconnaissante de ce "tous dopés", puisque comme beaucoup je crois que la lutte avance. Ricco et Sella, deux des dernières bombes du cyclisme viennent
de tomber durant cet été. Tous deux pris au CERA (EPO de 3ème génération); tous deux, coureurs arrivés d'un coup au top niveau mondial. (Certes l'un comme l'autre avaient fait quelques
performances avant d'éclater pour le premier sur Tirreno Adriatico 2007, et pour le second sur le Giro 2008). Finalement ces deux nouveaux coups durs ne sont pas une surprise pour les amateurs de
cyclisme, on les attendait presque. Alors, on pourrait se féliciter de l'efficacité de la lutte anti-dopage mais pourtant...
Pourtant, je n'y arrive plus. Trop de choses restent troublent, stupéfiantes, génantes.
Le Tour de France a subi la domination de l'indigeante équipe des tristes Bjarn Riis et Kim Andersen. La formation danoise de la CSC Saxo Bank a rayonné dès que les pourcentages se
présentaient. Alors, vous me direz pourquoi pas ? Certes, mais comment peut-on accepter de voir Jens Voigt, 37ans, lâché régulièrement en montagne dès le premier col du temps où il courrait au
Crédit Agricole, et aujourd'hui capable de faire "péter" Valverde, Kreuziger, Cunego... sur les ultimes rampes du Tourmalet ? Sans compter, ses deux dernières victoires dans le
difficile Tour d'Allemagne mattant les grimpeurs dont Leipheimer en montagne.

De même, en ce qui concerne Cancellara, rouleur capable de figurer parmi les 30 meilleurs grimpeurs dans le Glandon... (Hello Mister George !) On pourrait me rétorquer qu'il semble moins
fort lors des chronos... (mais le problème ne viendrait-il pas de l'Adversaire ?...) Je pourrais continuer en parlant de la fratrie, émouvante pour la ménagère de moins de 50ans, Frank
et Andy Schleck; des résultats insignifiants du premier dans sa jeunesse, des performances stupéfiantes en montagne du second sur le Giro 2007 à 21ans et 69kilos; de la nébuleuse affaire
étouffée de Paris-Roubaix 2006; de la puissance développée par Sastre dans l'Alpe d'Huez équivalente à celle de Ricco dans l'Aspin et de Piepoli dans Hautacam...
Que dire de plus sinon que cette équipe a remporté les deux dernières éditions du Pro Tour au classement par équipe. Omniprésence génante...
Je parle de la CSC comme je pourrais évoquer les déboires de cette malheureuse Astana, privé de Tour et victime du dopage en son sein à cause de Gusev pris par les contrôles internes (comme
quoi tout arrive...) de son équipe. Et comme par un heureux hasard, pris à deux jours de l'arrivée du Tour...
Mais quand dégagera-t-on ces pourritures de Riis ou de Bruyneel du monde du vélo ?
Et oui, le ciel reste couvert, sombre, les éclairs continuent de frapper mais le bruit ne nous est pas encore arrivé aux timpans. Les nombreux efforts d'ASO, de Christian Prudhomme, de
l'AMA, ne suffisent pas. Les tests ne sont pas assez fiables (les échantillons de Ricco suite à ses deux victoires d'étapes sont négatifs !), les corticoïdes seront autorisés la saison prochaine,
le Pro Tour qui permettait au moins d'entourer les équipes va disparaître... La biomécanique peut-elle constituer une partie de la solution ?

Enfin évoquons Riccardo Ricco... quel gâchis ! Bien sûr le dopage favorise son tempérament offensif mais tout de même quel caractère de champion. Je ne vous gâche pas que son démarrage dans
l'Aspin m'a fait levé du fauteuil comme jamais depuis que je suis le vélo. Quelle audace, quelle attaque d'un pur grimpeur ! Mais on connait la suite.
Voilà un petit bilan de ces derniers mois désenchantés et désenchantant. Même si tout n'est pas noir, les tâches sont encore trop fréquentes, trop répandues et il faudra, excusez la
métaphore peu glorieuse, bien des buvards pour tout nettoyer; et à force d'entendre les mêmes discours depuis 10ans...
"Dans le déroulement énigmatique de l'Histoire, existe toujours le risque d'agir trop tard" M.L.K.
Petite vidéo ce matin du tracé de la première étape du Tour 2009, qui s'élancera de Monaco par contre-la-montre de 15km, dont voici le parcours en 3D. Cliquer sur l'image pour lancer la vidéo.
Ө L'équipe Rock Racing s'est vu amputée de ses trois stars
controversées : Tyler Hamilton, Santiago Botero et Oscar Sevilla au départ du Tour de Californie. En effet,
l'organisation refuse qu'un coureur impliqué dans un enquête en cours puisse participer à son épreuve.
Dans cette même course, on a assisté également au retour à la compétition du célébrissime sprinteur italien Mario Cipollini, lui aussi dans la formation Rock
Racing.
Ө Le départ du Tour de France 2010 sera de nouveau donné à l'étranger. Après Monaco,
l'année prochaine, la Grande Boucle s'élancera soit d'Allemagne au quel cas ce serait Dusseldorf, soit des Pays-Bas avec Utrecht et Rotterdam.
Ө Equipes pour le Tirreno-Adriatico : AG2R (FRA), Barloworld (GBR), Caisse d'Epargne (ESP), Cofidis (FRA), CSF
(IRL), Diquigiovanni (VEN), Euskaltel (ESP), Française des Jeux (FRA), Gerolsteiner (GER), High Road (USA), Lampre (Ita), Liquigas (ITA), LPR (IRL), Quick Step (BEL), Rabobank (NED), Saunier
Duval (ESP), Silence-Lotto (BEL), Slipstream (USA), CSC (DAN), Milram (GER), Tinkoff (ITA)
Outre Astana, le Crédit Agricole et la Bouygues Télécom ne sont pas invités.
Ө Equipes pour Milan San Remo : AG2R (FRA), Barloworld (GBR), Caisse d'Epargne (ESP),
Cofidis (FRA), CSF (IRL), Diquigiovanni (VEN), Euskaltel (ESP), Française des Jeux (FRA), Gerolsteiner (GER), High Road (USA), Lampre (Ita), Liquigas (ITA), LPR (IRL), Quick Step (BEL), Rabobank
(NED), Saunier Duval (ESP), Silence-Lotto (BEL), Slipstream (USA), CSC (DAN), Milram (GER), Tinkoff (ITA), Crédit Agricole (FRA), Bouygues Telecom (FRA) NGC (SUI)

Via Roma rime bien souvent avec sprint royal (Petacchi en 2005)
Après A.S.O., c'est donc R.C.S. Sport qui a décidé de boycotter l'équipe Astana lors du
Tirreno-Adriatico et de Milan San Remo.
Ө Affaire Astana suite. Dans une interview accordée à El Pais, le président de l'UCI Pat McQuaid s'est
offusqué de la décision d'ASO. Il explique que ce serait «une tragédie, si Contador ne pouvait pas défendre son titre.» et se demande «pourquoi n'avoir retiré que
l'équipe Astana du Tour ? C'est injuste et injustifié. C'est une décision qui n'a rien à voir avec le sport, mais qui est purement économique. (...) Les 18 équipes du ProTour sont
logées à la même enseigne au niveau des contrôles anti-dopage, et dépensent beaucoup d'argent pour s'aligner sur le passeport biologique. Nous ferons tout pour que Contador dispute le
Tour cet été » Comme dirait l'ami Rocky, "C'EST PAS TANT QU'IL N'Y A PAS EU LA CLOCHE."
Ө L'organisateur du Giro, Angelo Zomegnan a annoncé le week end dernier que
l'équipe High Road, non-invitée dans un premier temps au Tour d'Italie 2008, y serait
fnalement conviée. Il explique ce contretemps par des vérifications auprès de cette équipe incomplète à l'époque de la première annonce.
Ө Les organisateurs du Tour d'Allemagne, qui s'élancera le 29 août, ont annoncé qu'ils sélectionneraient toutes les équipes du Pro Tour.
Ө Par ailleurs, l'UCI a annoncé son intention d'inclure au circuit Pro Tour le chrono des Nations.
Ө Le grimpeur portugais José Azevedo, ancien lieutenant de Beloki et d'Armstrong, a annoncé qu'il mettrait un terme à sa
carrière à la fin de la saison. Il aura 35ans en septembre et est actuellement dans la formation portugaise Benfica.
Ses principaux faits de gloire sont une 5ème place sur le Tour de France 2004, 2ème sur le Tour d'Allemagne 2003, 6ème du Tour en 2002 et 5ème de la Fléche Wallone cette même année, 5ème du Tour
d'Italie et de Paris-Nice en 2001.

Azevedo, fidèle lieutenant d'Armstrong en 2004 et 2005
"Une oeuvre d'art
n'est lisible que par approfondissements successifs" Nietzsche
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||